Définition

Connaissance pratique incorporée dans le geste, acquise par l’expérience et la répétition. Irréductible à un savoir théorique ou à un protocole formalisé. Notion centrale pour les métiers d’art et le design.

Sources

  • Sennett (Ce que sait la main, 2008) - le savoir tacite de l’artisan
  • Focillon (Éloge de la main, 1934) - la main comme organe de connaissance
  • Ingold (Making, 2013) - le savoir comme correspondance avec les matériaux
  • Leroi-Gourhan (Le Geste et la Parole, 1964) - l’outil comme prolongement du geste
  • Yvonne Verdier (Façons de dire, façons de faire, 1979) - arts domestiques civilisateurs, techniques inframinces du quotidien (laveuse, couturière, cuisinière)
  • Marx (Le Capital, ch. XIV) - perte progressive du savoir-faire par la division du travail, du métier à la besogne
  • Aristote (Parties des animaux) - la main, outil des outils, capacité protéiforme
  • Heidegger (Qu’appelle-t-on penser ?) - le menuisier qui respecte les “formes dormantes du bois”

Mobilisation en épreuve

Permet de valoriser la dimension pratique et corporelle de la connaissance face à un intellectualisme réducteur. Pertinent pour les épreuves de philosophie (matière, technique) comme pour les épreuves pratiques (projet, dessin). Le jury valorise les candidats qui articulent théorie et pratique.

Concepts liés

  • Matière - le savoir-faire s’exerce sur la matière
  • Technique - dimension incorporée de la technique
  • Hylémorphisme - le savoir-faire échappe au schéma forme/matière