Définition
Capacité d’auto-détermination, de se donner à soi-même ses propres règles (du grec autos, soi-même, et nomos, loi). En philosophie politique, l’autonomie s’oppose à l’hétéronomie (être gouverné par une règle extérieure). Chez Ivan Illich, l’autonomie est la capacité de l’individu et de la communauté à produire, réparer, décider par eux-mêmes, sans dépendance envers les grands systèmes institutionnels.
L’autonomie technique désigne la capacité de comprendre, modifier et réparer les outils qu’on utilise. Elle est la condition de la convivialité.
Enjeux
La technique moderne produit de l’hétéronomie : l’usager devient consommateur passif d’objets qu’il ne comprend pas et ne peut pas réparer. Jacques Ellul diagnostique l’autonomie du système technicien (la technique se développe selon sa propre logique, indépendamment des volontés humaines). Bernard Stiegler parle de prolétarisation : perte des savoirs (faire, vivre, théoriser).
En design, l’autonomie est un enjeu éthique : concevoir des objets qui rendent l’usager capable plutôt que dépendant. Le mouvement low-tech, l’open source et le repair café s’inscrivent dans cette logique.
Auteurs liés
- Ivan Illich - autonomie contre les institutions
- Jacques Ellul - autonomie de la technique
- Bernard Stiegler - prolétarisation, perte d’autonomie
- Jean-Jacques Rousseau - liberté et autonomie morale
Références
- Illich, La Convivialité, 1973
- Ellul, Le Système technicien, 1977
- Stiegler, Prendre soin de la jeunesse et des générations, 2008
Mobilisation en épreuve
Critère normatif central : un bon design augmente-t-il l’autonomie de l’usager ? Articuler avec convivialité, contre-productivité, Dispositif (opposition). Utile pour les sujets sur le numérique, la réparabilité, le low-tech.