Définition
Concept d’Ivan Illich désignant le seuil au-delà duquel un outil ou une institution produit l’inverse de son but initial. L’automobile, conçue pour gagner du temps, en fait perdre (embouteillages, temps de travail pour la payer) ; l’école, censée démocratiser le savoir, produit de l’exclusion ; la médecine, au-delà d’un certain seuil, rend malade (iatrogenèse).
La contre-productivité est structurelle : elle ne résulte pas d’un dysfonctionnement mais de la logique même du système quand il dépasse son seuil optimal.
Enjeux
Le concept est un outil critique puissant contre l’idéologie du progrès linéaire. Il permet de penser les effets pervers des systèmes techniques sans recourir au complot ni à l’incompétence. Jacques Ellul converge : le système technicien échappe à ses créateurs. Günther Anders analyse le “décalage prométhéen” entre ce que l’homme produit et ce qu’il peut imaginer.
En design, la contre-productivité alerte sur les objets qui créent plus de problèmes qu’ils n’en résolvent : addiction aux écrans, obsolescence programmée, surconsommation.
Auteurs liés
- Ivan Illich - concepteur
- Jacques Ellul - autonomie du système technicien
- Günther Anders - décalage prométhéen
Références
- Illich, La Convivialité, 1973
- Illich, Énergie et équité, 1973
- Illich, Némésis médicale, 1975
Mobilisation en épreuve
Permet de retourner un argument progressiste : montrer que plus de technique ne signifie pas toujours plus de bien-être. Articuler avec convivialité, Autonomie, technique et pouvoir.