Définition
Exercice du pouvoir par l’observation et le contrôle permanents des individus. Chez Michel Foucault (Surveiller et punir, 1975), la surveillance est le mécanisme central des sociétés disciplinaires : elle s’exerce dans les prisons, les hôpitaux, les écoles, les casernes. Le regard surveille, classe, normalise. Le modèle architectural du Panoptique (Bentham) en est la figure emblématique.
La surveillance moderne se distingue de la punition spectaculaire de l’Ancien Régime : elle est continue, invisible, intériorisée. L’individu surveillé finit par se surveiller lui-même.
Enjeux
La surveillance numérique contemporaine (big data, reconnaissance faciale, tracking) prolonge et radicalise le modèle foucaldien. Paul Virilio analyse l’accélération technologique comme intensification du contrôle. La question se déplace de la discipline des corps vers le gouvernement par les données (biopolitique algorithmique).
En design, la surveillance interroge la responsabilité du concepteur : interfaces de tracking, smart cities, objets connectés participent d’un Dispositif de contrôle.
Auteurs liés
- Michel Foucault - sociétés disciplinaires
- Paul Virilio - dromologie, surveillance en temps réel
- Günther Anders - obsolescence de l’humain face à la machine
Références
- Foucault, Surveiller et punir, 1975
- Bentham, Panopticon, 1791
- Zuboff, The Age of Surveillance Capitalism, 2019
Mobilisation en épreuve
Permet de problématiser les objets connectés, les interfaces numériques et les espaces urbains comme outils de contrôle. Articuler avec Panoptique, Normalisation, Dispositif. Opposer à convivialité (Illich) et Autonomie.