Repères

  • Bauhaus : 1919-1933, Weimar/Dessau/Berlin, Allemagne. Fondé par Walter Gropius.
  • HfG Ulm : 1953-1968, Ulm, Allemagne. Fondée par Inge Scholl et Max Bill, dirigée par Tomás Maldonado.
  • Contexte : le Bauhaus comme tentative d’unir art et industrie ; HfG Ulm comme refondation post-nazie du design industriel.

Caractéristiques

  • Bauhaus : interdisciplinarité (ateliers de matériaux), “point, ligne, plan” (Kandinsky), nouvelle typographie, union art/artisanat/industrie. Paradoxe : les objets les plus industrialisables étaient les textiles et papiers peints, pas les icônes métalliques (théière Brandt).
  • HfG Ulm : engagement anti-nazi par le design (“dégermaniser la vie allemande”), objets neutres et rationnels comme vecteurs d’une existence apaisée. Interdisciplinarité (philosophie, sémiologie, mathématiques — Heidegger y donna conférence). Maldonado lie sciences “molles” et “dures” au design. Fermeture en 1968.
  • Figures : Gropius, Moholy-Nagy, Kandinsky, Mies van der Rohe (Bauhaus) ; Inge Scholl (sœur de résistants au nazisme), Max Bill, Tomás Maldonado, Gui Bonsiepe, Otl Aicher (HfG)

Filiations

  • Hérite de : Arts and Crafts (unité des arts), Werkbund allemand
  • Influence : design industriel contemporain (Braun/Dieter Rams), design graphique suisse, radicaux italiens (en réaction)
  • Rupture avec : ornementation victorienne/wilhelminienne, esthétique nazie

Mobilisation en épreuve

Pour le thème “Engagement” : le Bauhaus et surtout HfG Ulm incarnent l’engagement par l’école — la pédagogie comme acte politique. HfG Ulm est créée explicitement pour refonder la vie allemande après le nazisme, non par la politique mais par les objets du quotidien. Limites : le minimalisme rationnel devient un élitisme (Baudrillard, Pour une économie politique du signe) ; les radicaux italiens réagiront contre cet assèchement formel.

Liens