Trame de préparation pour les 15 minutes de présentation orale (phase C). Le jury est en majorité composé de professionnels (designers, architectes, inspection). Les questions porteront en priorité sur le dispositif, ses choix formels, sa faisabilité, sa logique de médiation. La philosophie est un fond attendu — elle nourrit les décisions de projet, elle n’est pas l’objet de l’exposé.

Trois scénarios distincts (A, B, C). Choisir en amont selon l’aisance du jour : A si on est calé sur le récit du cheminement, B si on veut tenir une thèse forte, C si on veut jouer la tension comme moteur. Toutes les minutes indiquées sont indicatives ; viser 12 minutes effectives pour garder de la marge.

Scénario A — analytique (suit le cheminement des planches)

Logique. Reproduire fidèlement la progression des sept planches. Montrer la rigueur du parcours : on est parti de la mise en regard des quatre documents, on a creusé le temps de la matière, on a basculé sur la démolition, on a posé le dispositif. Force : lisibilité maximale, le jury peut suivre planche par planche. Risque : aplatissement, effet « commentaire de planches » sans thèse forte.

Ouverture (0:00 — 1:00)

Formulation possible :

« Quand j’ai reçu les quatre documents — Baudrillard, Lecoq, le radiateur Entropie, le satellite LignoSat — j’ai cherché ce qui les tenait ensemble. Une question est revenue : à quel monde la main du concepteur s’adresse-t-elle aujourd’hui ? C’est cette question que les sept planches travaillent, et c’est elle qui m’a conduite vers un projet de médiation itinérante sur la démolition architecturale en Europe. »

  • Annoncer la durée et la structure : analyse (planches 1-3), bascule (planche 4), projet (planches 5-7)
  • Poser le terrain : design d’espace et design des politiques publiques, pas un objet
  • Coupable si retard : couper la mention « 15 minutes »

Analyse - les quatre documents en constellation (1:00 — 4:00, planches 1 à 3)

  • Planche 1, composition circulaire. Les quatre documents disposés en cercle, mots-clés en constellation au centre. Décision graphique : éviter la hiérarchie texte-image, faire dialoguer les références au même niveau
  • La main invisible (Baudrillard) : la poignée qui n’est plus organe de préhension mais « signe abstrait de la maniabilité ». Le design fonctionnel des années 60 ne convoque plus un corps réel, il déploie un schéma de corps
  • Le bouclier d’Achille (Lecoq) : Héphaïstos comme dēmiourgós, « homme de l’art » dont le titre couvre forgerons, tisserands, mais aussi guérisseurs, devins, aèdes. Dēmos + ergon — œuvre dans le peuple
  • Les deux objets B : Entropie rend la chaleur visible par la laque thermosensible, LignoSat substitue le bois au métal et anticipe sa fin de vie. Deux gestes de décalage matériel qui répondent — partiellement — au diagnostic baudrillardien
  • Planche 2, temps de la matière. Le cosmos grec cyclique face à la trajectoire linéaire de l’anthropocène. Question de bascule : peut-on encore innover si les ressources s’usent ? Suffit-il des savoir-faire traditionnels pour rendre le monde habitable ?
  • Planche 3, analyse détaillée des objets B et extension au design d’espace. Le radiateur nomade, la laque japonaise, l’électronique intégrée. Le satellite en bois, la fin de vie anticipée. Puis extension : Philippe Rahm et l’architecture météorologique, Les Monumentales du collectif etc, Landauer et la formule « faire du nouveau sans inventer quoi que ce soit de neuf »

À couper si retard : Philippe Rahm, garder Landauer comme pivot vers la planche 4.

Bascule - de l’objet à l’urbain (4:00 — 6:00, planche 4)

Formulation pivot :

« À ce stade, le glissement vers la démolition architecturale s’est imposé. Si la question est celle du faire avec le déjà-là et de l’anticipation de la fin de vie, alors le bâti existant en est le cas extrême : un bâtiment est, depuis cinquante ans, le grand traité non écrit de cette main abstraite. »

  • Chiffres-clés : un bâtiment détruit toutes les minutes en Europe, l’équivalent d’Athènes-Paris-Bucarest-Berlin à l’horizon 2030, le BTP comme premier émetteur de déchets et de CO2
  • Démolir comme opération-limite : le foudroyage, geste désincarné, signé sur PowerPoint
  • Inversement : la déconstruction sélective, la dépose, le diagnostic-ressource convoquent les compétences que Lecoq réunit dans le dēmiourgós — lire un assemblage, juger une poutre, médier entre habitants et bailleurs
  • Champ professionnel émergent : design des politiques publiques, assistance à maîtrise d’usage (Vraiment Vraiment, La 27e Région)
  • Annonce du projet : une médiation itinérante pour valoriser la réhabilitation et soigner le traumatisme de la démolition, à l’échelle des 27 pays de l’Union européenne

Projet - principes et dispositif (6:00 — 11:00, planches 5 à 7)

  • L’itinérance européenne (planche 5). 27 pays, capitales et villes touchées par des programmes de rénovation urbaine
  • Le public visé. Trois cercles : professionnels de l’architecture, collectivités locales, habitants concernés. Pas un public-cible statistique mais des interlocuteurs identifiés
  • L’équipe noyau. Quatre personnes : deux conducteurs, un médiateur (journaliste ou chercheur selon les étapes), un concepteur (architecte ou designer). Rotation possible
  • Le dispositif - deux conteneurs. Standard industriel détourné, objet de communication qui se déplace. 15 m² chacun. Choix formel et politique : on prend un objet de l’industrie polluante et on le retourne en outil de médiation
  • Pourquoi deux ? Un double principe : un conteneur interroge l’absence (démolition), l’autre la présence (réhabilitation). Chacun avec sa programmation propre
  • Configurations possibles (à montrer rapidement, planche 5) : côte à côte dans une même ville, à deux endroits clés (chantier en cours et programme récent de réhabilitation), séparés dans deux villes différentes et réunis ponctuellement
  • Programmation conteneur démolition (planche 6) : dispositif radio pour témoignages, exposition sur les enjeux environnementaux et sociaux, mur de photos et cartes postales complété tout au long de l’itinérance
  • Programmation conteneur réhabilitation : grand espace de débat, livrets de visites collectives, exposition technique (matériaux, normes), espace ressource avec bibliothèque et lien vers la pétition HouseEurope!
  • Quand les conteneurs se rejoignent (planche 7) : ils se font face, tenture pour l’ombre, espace intermédiaire pour débats, projections, temps conviviaux
  • Référence centrale : HouseEurope! Initiative citoyenne européenne portée par Brandlhuber et Grawert (b+, ETH Zurich), OBEL Award 2025. Cherche à faire voter une législation européenne favorisant la rénovation contre la reconstruction. Échec de 2026 (83 000 signataires, surtout professionnels). Le projet de médiation propose d’étendre la portée au-delà du public professionnel
  • Autre référence : le Mumo Frac de matali crasset — précédent du musée mobile, dispositif itinérant comme outil d’acculturation

À couper si retard : les configurations alternatives des conteneurs (garder une seule, citer les autres en phrase), le Mumo Frac.

Clôture (11:00 — 12:00)

Formulation possible :

« Ce projet ne prétend pas régler la démolition. Il prétend ouvrir la décision : la sortir du huis clos technique pour la faire entrer dans le dēmos. Deux conteneurs face à face, dans 27 pays, ne suffisent pas — mais ils inscrivent dans l’espace public une scène d’évaluation qui n’existait pas. Le designer y opère comme aède contemporain : il documente, il met en récit, il fait tenir ensemble des paroles qui n’avaient pas le même langage. »

  • Reposer la question initiale : à quel monde la main du concepteur s’adresse-t-elle ? Ouvrir vers l’entretien
  • Coupable si retard : la dernière phrase, finir sur « il fait tenir ensemble des paroles qui n’avaient pas le même langage »

Scénario B — argumentatif (part de la thèse, planches comme preuves)

Logique. Énoncer d’emblée la thèse, puis convoquer les planches comme appuis. Force : on tient une ligne, le jury sait où on va. Risque : la thèse peut paraître plaquée si on ne la fait pas atterrir vite sur la matière du projet. Détacher délibérément le fil oral du fil visible des planches : ce n’est pas un commentaire mais une démonstration.

Ouverture - poser la thèse (0:00 — 1:30)

Formulation possible :

« Ma thèse tient en une phrase. La main abstraite que Baudrillard décrit en 1968 dans le sèche-cheveux ou la poignée de portière a, en 2026, ses lieux d’exercice les plus aigus à l’échelle du bâti et à l’échelle de l’État. C’est dans la décision de démolir, signée sur PowerPoint, et dans le guichet remplacé par un formulaire en ligne, que la main du concepteur s’efface aujourd’hui le plus radicalement. Le projet que je vais présenter prend ce diagnostic au sérieux et propose un dispositif qui rouvre la décision démolitionnaire à un dēmos outillé. »

  • Annoncer la structure : diagnostic (3 min), contre-modèle (3 min), dispositif (5 min), ouverture
  • Ne pas s’attarder sur la note de synthèse : le jury l’a lue

Le diagnostic - la main abstraite à l’échelle du bâti (1:30 — 4:30)

  • Baudrillard nomme un seuil : à un certain point de l’histoire technique, la main cesse d’être organe pour devenir signe. L’objet ne fait plus qu’« allusion » à un corps
  • Ce diagnostic, appliqué en 1968 à un sèche-cheveux, peut se lire à toutes les échelles. Aujourd’hui, son lieu d’exercice le plus aigu n’est plus l’objet de consommation : c’est le bâti
  • Citer Olaf Grawert (HouseEurope!) : « au moment où le système considère un bâtiment comme une ruine, il devient un déchet. Le bâtiment perd toute sa valeur. » Mécanique exacte de la main abstraite portée à l’urbain
  • Chiffres : un bâtiment détruit toutes les minutes en Europe, l’équivalent d’Athènes-Paris-Bucarest-Berlin à l’horizon 2030
  • Renvoyer aux planches 1 et 2 sans les commenter : « c’est ce que la planche 1 met en constellation, et ce que la planche 2 oppose au temps cyclique du cosmos grec »
  • Couper si retard : Heidegger sur l’arraisonnement (garder comme munition pour les questions)

Le contre-modèle - le dēmiourgós réactualisé (4:30 — 7:00)

Formulation pivot :

« Contre la main abstraite, Lecoq fournit une catégorie ancienne mais opératoire : le dēmiourgósdēmos + ergon, œuvre dans le peuple. Cette catégorie englobe le forgeron, le tisserand, le potier, mais aussi le guérisseur, le devin, l’aède, le héraut. Ce qui m’intéresse ici, c’est qu’elle ne sépare pas l’artisan du soignant, du diseur, du devin. »

  • Réactualisation contemporaine : Landauer (la démolition comme geste architectural), Hobson (désarmer le béton), Bouchain (construire ensemble), AAA (R-Urban)
  • L’échelle d’Arnstein (1969) comme outil critique : huit barreaux, de la manipulation au contrôle citoyen. La majorité des dispositifs participatifs publics restent au barreau 4
  • Trois critères opérationnels qui discriminent le vrai dēmiourgós du co-washing : réversibilité de la décision, inscription dans le temps long, partage du capital cognitif
  • Renvoyer aux planches 3 et 4 : « c’est cette bascule que la planche 4 opère, à partir des objets B et de la formule de Landauer »

Le dispositif - médiation itinérante par deux conteneurs (7:00 — 11:30)

  • Énoncer le dispositif en une phrase : deux conteneurs itinérants, 27 pays, double principe absence/présence, équipe noyau de quatre, partenariats locaux
  • Justifier les choix dans l’ordre de la décision :
    • Pourquoi l’itinérance ? Parce que la démolition est un fait européen, pas national. HouseEurope! l’a montré : la fiscalité, les normes, les imaginaires sont à reformer à l’échelle continentale
    • Pourquoi deux conteneurs ? Pour incarner spatialement la tension absence/présence. Un seul conteneur aplatirait le propos en exposition pédagogique. Deux ouvrent un dialogue, et permettent des configurations variables selon les contextes
    • Pourquoi le conteneur ? Standard industriel détourné. On prend l’objet emblématique des chaînes logistiques polluantes et on le retourne en outil de médiation. Cohérent avec la planche 3 : le décalage matériel comme grammaire
    • Pourquoi cette équipe ? Quatre personnes, rotation médiateur/concepteur. Le designer n’est pas seul, il est un opérateur parmi d’autres. Dēmos + ergon
  • Renvoyer aux planches 5, 6, 7 : « la planche 5 pose les principes, la 6 détaille la programmation, la 7 propose une vue d’ensemble du dispositif en situation »
  • Partenariat HouseEurope! : étendre la portée d’une initiative aujourd’hui trop confinée aux professionnels

Clôture - rouvrir la décision (11:30 — 12:30)

Formulation possible :

« Ce dispositif n’a pas pour ambition de remplacer la décision politique. Il a pour ambition de rouvrir l’arène. Quand un bâtiment est qualifié de ruine par expertise immobilière, la décision est déjà prise. Le projet propose qu’avant cette qualification, et après elle, un espace existe — physique, itinérant, public — où la valeur du bâti soit redébattue, par les habitants, par les professionnels, par les collectivités. C’est en cela qu’il essaie de rejouer, à l’échelle d’un continent, ce que le bouclier d’Achille inscrivait à l’échelle d’une cité : un objet sur lequel se lit le monde commun. »

  • Coupable si retard : la dernière comparaison avec le bouclier, finir sur « par les habitants, par les professionnels, par les collectivités »

Scénario C — problématique (la tension comme moteur)

Logique. Plutôt que de partir des planches (A) ou d’une thèse (B), partir d’une tension irrésolue et la tenir tout du long. La tension proposée : un dispositif itinérant qui prétend rouvrir la décision démolitionnaire est-il un vrai contrepoint au foudroyage industriel, ou risque-t-il de produire à son tour un co-washing à grande échelle ? Force : assume la lucidité critique que le jury valorise, évite le piège du projet apologétique. Risque : si on tient mal la tension, on saborde son propre projet. À choisir si on se sent solide sur la dialectique.

Ouverture - poser la tension (0:00 — 1:30)

Formulation possible :

« Je voudrais commencer par formuler la difficulté de mon propre projet. Proposer une médiation itinérante sur la démolition, c’est faire le pari qu’un dispositif spatial — deux conteneurs, 27 pays, des ateliers, des expositions — peut peser sur des décisions qui se signent sur PowerPoint, dans des chaînes administratives où la main du concepteur a déjà été abstraite. Ce pari peut être un contrepoint au foudroyage industriel. Il peut aussi devenir, s’il est mal conduit, une couche de vernis participatif sur des décisions déjà prises. C’est cette tension que je voudrais tenir devant vous, et qui me semble être l’enjeu propre du projet. »

  • Annoncer la structure : trois temps qui tiennent la tension. Diagnostic, contre-modèle, dispositif lu sous le risque de sa propre captation
  • Coupable si retard : la dernière phrase de cadrage

Premier temps - pourquoi le diagnostic baudrillardien tient à l’échelle du bâti (1:30 — 4:00)

  • Baudrillard 1968 : la main n’est plus organe, elle est signe abstrait de la maniabilité
  • L’extension à l’urbain n’est pas évidente — Baudrillard parle d’objets domestiques. Mais Heidegger (La question de la technique, 1953) fait le pont : l’arraisonnement (Gestell) somme la nature, le bâti, l’habitant lui-même de se livrer comme « fonds disponible »
  • Citer Grawert (HouseEurope!) : « au moment où le système considère un bâtiment comme une ruine, il devient un déchet »
  • Renvoyer à la planche 4 : les chiffres européens
  • Tension à nommer ici : ce diagnostic peut produire deux postures opposées. Une nostalgie de la main artisanale (qu’il faut refuser). Une politisation du geste qui ouvre des contre-modèles institutionnels (qu’il faut tenir)

Deuxième temps - le contre-modèle dēmiourgique et ses pièges (4:00 — 7:00)

Formulation possible :

« Le dēmiourgós de Lecoq, traduit aujourd’hui, ce n’est pas l’artisan nostalgique en blouse de toile. C’est l’opérateur public qui inscrit son geste dans le dēmos — Bouchain qui construit sur place, AAA qui fabrique du commun urbain à Colombes, Vraiment Vraiment qui designe avec les agents, pas pour eux. »

  • Mais ce contre-modèle a ses propres pièges :
    • Blondiaux : la participation peut être à la fois la maladie et le remède de la démocratie représentative
    • Miessen : la participation, quand elle devient impératif moral, dépolitise le conflit qu’elle prétend résoudre
    • Holston : la citoyenneté insurgée (revendication politique depuis le bas) est désamorcée par la participation institutionnelle
    • Arnstein 1969 : sur huit barreaux, la majorité des dispositifs publics restent au barreau 4 (consultation-alibi)
  • Trois critères opérationnels pour discriminer le dēmiourgós du co-washing : réversibilité de la décision, inscription dans le temps long, partage du capital cognitif
  • Renvoyer aux planches 3 et 4 : la bascule s’opère ici, avec lucidité

Troisième temps - le dispositif lu sous le risque de sa propre captation (7:00 — 11:30)

  • Énoncer le dispositif rapidement : deux conteneurs, 27 pays, équipe noyau de quatre, partenariat HouseEurope!
  • Lire chaque choix sous l’angle du risque :
    • L’itinérance. Risque : faire du tourisme militant, traverser sans transformer. Garde-fou : ancrage local fort, partenariats avec écoles d’architecture, musées, institutions locales d’urbanisme. Le dispositif ne vient pas dire ce qu’il sait, il vient apprendre et redistribuer
    • Les deux conteneurs. Risque : symétriser artificiellement absence et présence, faire croire que la démolition et la réhabilitation sont équivalentes alors que la thèse de fond les hiérarchise. Garde-fou : la programmation n’est pas symétrique. Le conteneur démolition recueille des témoignages (registre du soin), le conteneur réhabilitation outille techniquement (registre de la transmission). Asymétrie assumée
    • Le partenariat HouseEurope!. Risque : se mettre à la remorque d’une initiative déjà constituée, perdre son autonomie de designer. Garde-fou : le projet apporte ce qui manque à HouseEurope! — un dispositif spatial et habitant, là où l’initiative s’est jusqu’ici adressée surtout aux professionnels (83 000 signataires en 2026, échec largement professionnel)
    • L’équipe noyau de quatre personnes. Risque : insuffisance pour 27 pays, dispositif éclair sans temps long. Garde-fou : rotation des médiateurs et concepteurs, ancrage local par les partenaires, séjours prolongés dans certaines étapes
  • Renvoyer aux planches 5, 6, 7 — les configurations alternatives des conteneurs ne sont pas des variantes graphiques, ce sont des choix de barreau d’Arnstein selon les contextes

Clôture - tenir la tension comme acquis (11:30 — 12:30)

Formulation possible :

« Je n’ai pas réglé la tension que j’ai posée en commençant. Je crois que c’est elle qui fait la valeur du projet. Un dispositif qui prétendrait régler la démolition serait un dispositif qui ment. Un dispositif qui tient l’inquiétude de sa propre captation, qui rend explicite à quel barreau d’Arnstein il opère selon les contextes, qui inscrit dans son protocole les critères de sa propre lucidité — c’est un dispositif qui essaie d’être à la hauteur de ce que Lecoq décrit : dēmos + ergon, œuvre dans le peuple, et œuvre qui sait à quel peuple elle s’adresse. »

  • Coupable si retard : la formule finale latine/grecque, finir sur « critères de sa propre lucidité »

Points de vigilance transversaux (les trois scénarios)

Tous tirés des sources lues (contexte-épreuve, passerelle argumentative, terrains).

  • Toujours articuler argument philosophique à décision de projet. Pourquoi deux conteneurs ? Pas « parce que Lecoq parle du dēmiourgós » — mais « pour incarner spatialement la tension absence/présence que la thèse de fond identifie ». La philosophie ne précède pas, elle accompagne
  • Ne pas idéaliser le dēmiourgós. Lecoq insiste sur la dimension publique. Toujours nommer le dēmos (qui sont les bénéficiaires, les co-concepteurs, les destinataires)
  • Ne pas diaboliser Baudrillard. « Main abstraite » est un diagnostic, pas une déploration. Évite le ton procureur
  • Tenir la critique du participatif. Avoir Blondiaux, Miessen ou Arnstein sous le coude. Le jury repère une lecture naïve à 100 m
  • Ancrage métiers d’art. Le concours est de design et métiers d’art. Mentionner explicitement les démonteurs soigneux, les ferronniers du réemploi, les scénographes de chantier, les artisans des deux conteneurs (charpente, mobilier, signalétique)
  • Le texte ne doit jamais dominer le dessin. À l’oral, renvoyer aux planches comme matière propre, pas comme illustration du discours
  • Reconnaître les trous d’argumentation. L’extension du diagnostic baudrillardien à l’échelle urbaine est une analogie féconde, pas une déduction. La compatibilité HouseEurope! (réformiste) / Hobson (transformatrice) demande nuance. Mieux vaut nommer ces tensions que se faire piéger

Choix de scénario - aide à la décision

Si je me sens…Choisir
Calée sur le récit, à l’aise pour décrire les planches, prudente sur la thèseA
Solide sur la philosophie, confiante pour tenir une ligne forteB
Lucide, calme, prête à assumer la critique de mon propre projetC

Décider la veille au soir. Ne pas changer le matin de l’épreuve.

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