Repères

  • Émergence : années 1950-1970, en réaction aux promesses du progrès technique
  • Figures principales : Heidegger (1953), Ellul (1954), Simondon (1958), Arendt (1958), Mumford (1967), Illich (1971)
  • Géographie : France, Allemagne, États-Unis

Caractéristiques

La critique technologique rejette le mythe du progrès linéaire et dévoile comment la technique :

  1. N’est jamais neutre : elle impose ses propres valeurs (efficacité, calcul, rationalité)
  2. Transforme le rapport au monde : nature, temps, espace, corps
  3. Engendre des formes nouvelles d’aliénation : prolétarisation, propagande, standardisation
  4. Échappe au contrôle humain : système autonome, logique propre

Courants interne

  • Critique radicale (Ellul) : la technique est totalité absorbante, système englobant
  • Critique phénoménologique (Heidegger) : l’arraisonnement (Gestell), mode d’être du monde moderne
  • Critique productiviste (Illich) : autonomie par la déprofessionnalisation et l’outil convivial
  • Critique convivialiste (Serge Latouche, décroissance) : réduction volontaire de la dépendance technique

Œuvres clés

  • Heidegger, La Question de la technique (1953)
  • Ellul, La Technique ou l’enjeu du siècle (1954)
  • Mumford, Le Mythe de la machine (1967)
  • Ivan Illich, Énergie et équité (1973)

Filiations

  • Hérite de : critique marxiste du travail (Marx, aliénation), pensée de la condition humaine (Arendt)
  • Influence : écologie politique, décroissance, design critique, théorie critique (école de Francfort)
  • Rupture avec : utopie technophile (Condorcet, Saint-Simon, futurisme)

Mobilisation en épreuve

Cadre analytique majeur pour les questions “La technique”, “Design et politique”, “Environnement et technique”. À mobiliser pour :

  • Critiquer le design naïf ou au service du capitalisme
  • Penser l’alternative : un design qui s’opposerait à la rationalité technicienne (design critique, slow design, etc.)
  • Historiciser : montrer que le système technique ne va pas de soi, qu’il a une histoire

Liens