Recto
Meyer Schapiro, “The Social Bases of Art” (First American Artists’ Congress, 1936)
Comment Schapiro démontre-t-il la complicité entre art impressionniste et société bourgeoise de consommation ?
Verso
Schapiro identifie quatre catégories iconographiques récurrentes dans l’art impressionniste et post-impressionniste, qui révèlent toutes le point de vue du spectateur bourgeois-vacancier :
- Spectacles naturels - paysages vus depuis la position du touriste (non du paysan ni du travailleur)
- Spectacles artificiels - théâtre, cirque, courses de chevaux, café-concert
- Corps nu comme objet de pure contemplation, détaché de toute fonction
- Activités isolées de l’individu - la solitude sensorielle comme valeur
Ces sujets ne représentent pas la vie populaire : ils documentent le regard du rentier sur un monde transformé en décor de loisir.
Dans “The Nature of Abstract Art” (1937), Schapiro complète : après 1860, l’artiste d’avant-garde « succombe à la règle générale de division du travail en devenant un spécialiste du loisir à temps plein, un technicien de l’esthétique ». L’autonomie de l’art moderniste est un effet de la division sociale du travail, non une conquête.
Mobilisation : Permet de montrer que la critique sociale du modernisme précède Greenberg. Schapiro est le seul historien de sa génération (selon Crow) à avoir thématisé explicitement cette complicité. À croiser avec Signac (qui croit à l’engagement par la forme), Greenberg (qui ignore cette complicité dans son formalisme tardif), Crow (qui s’appuie sur Schapiro pour construire sa thèse de la « dette niée »).
Approfondir
- Meyer Schapiro
- Thomas Crow - reprend Schapiro dans “Modernisme et culture de masse” (1982/1987)
- Clement Greenberg - cible implicite de Schapiro