Recto

Thomas Crow, “Modernism and Mass Culture in the Visual Arts” (1982, trad. fr. Les Cahiers du musée national d’art moderne, n° 19-20, juin 1987)

Quelle thèse Crow défend-il sur le rapport entre avant-garde et culture de masse ? Quelle distinction conceptuelle introduit-il ?

Verso

Thèse centrale : L’avant-garde se renouvelle en empruntant des matériaux à la culture populaire, mais nie systématiquement cette dette au profit d’un discours sur l’autonomie formelle. Cette négation est structurelle : elle commence avec Mallarmé commentant Manet, continue avec Signac, s’achève avec Greenberg.

Distinction modernisme / avant-garde :

  • Modernisme = pratique autocritique et autonome, repli sur les moyens propres du medium
  • Avant-garde = tactiques extra-artistiques, provocations, modes de vie de groupe, adressage à un public large

David et Courbet comme précurseurs : avant la spécialisation du marché de l’art, l’art d’opposition pouvait s’adresser à un public populaire réel (Salon 1785, Salon 1850). Cette bipolarisation du public disparaît au fil du XIXe siècle.

Premier Greenberg (1939) vs Greenberg tardif :

  • 1939 (“Avant-Garde and Kitsch”) : honnêteté relative — le kitsch (culture marchande des migrants urbains) est premier, le modernisme en est l’effet réactif
  • Greenberg tardif : la culture de masse comme pression négative seulement (répulsion, jamais attraction), sans interdépendance positive. Formalisme pur, sans dette historique avouée.

Mobilisation : Crow permet de dépasser l’opposition binaire art/kitsch héritée de Greenberg. Sa thèse sur la “dette niée” est un argument fort contre toute conception purement autonomiste de l’art. Croiser avec Schapiro (l’analyse sociale que Crow prolonge), Signac (exemple de la contradiction), Benjamin (autre lecture du rapport art/masse).

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