Recto
Platon Phèdre -IVe siècle
Verso
Thèse essentielle : Le mythe de Theuth montre que l’écriture, technique d’extériorisation de la mémoire, tue l’activité mémorielle. Toute technique, en compensant un manque, affaiblit la capacité qu’elle remplace. L’écrit entretient la paresse.
Approfondissements :
- Mythe de Theuth (pharmakon) : en Égypte, le demi-dieu Theuth présente l’écriture au roi Thamous comme un “remède de la mémoire”. Le roi réplique : “mettant leur confiance dans l’écrit, c’est du dehors, grâce à des empreintes étrangères, et non du dedans, grâce à eux-mêmes qu’ils feront acte de remémoration.” L’écriture est pharmakon : remède et poison
- Délégation à un support externe : Platon condamne l’écriture en tant que manière de déléguer la mémoire à un support externe. L’empreinte, la trace, le dessin sont-ils remèdes de la remémoration ou étrangers à la mémoire ?
- Question politique : la question se règle entre dieu, demi-dieu et roi. Division entre celui qui invente la technique et celui qui en décrète la valeur. Le roi est producteur de jugements politiques et moraux. La technique fait l’objet d’un jugement — son lieu : le tribunal
- Incidence sur l’âme : les dispositifs techniques ont une incidence sur la vie psychique (dépassement de Rousseau qui considère l’affaiblissement du corps)
Mobilisation :
- Critique originelle de la technique comme aliénation
- Dépendance à la technique (mémoire remplacée par l’écrit)
- Rapport passif aux objets techniques
- Ambivalence du pharmakon (remède/poison)
- Division inventeur/juge de la technique
Cité dans : Dissert #1