Recto
Simone Weil La condition ouvrière 1951
Verso
Thèse essentielle : Expérience vécue en usine (Alstom, Renault) : “Le malheur des autres est entré dans ma chair et dans mon âme.” Le rythme de la machine empêche de penser, épuise physiquement. Dépassement de Marx : ce n’est plus seulement l’exploitation économique, c’est l’anéantissement existentiel. La responsabilité est celle de l’organisation bureaucratique, pas seulement de la machine.
Approfondissements :
- Cadence machinique : “rien ne respecte le rythme humain”. La succession des saisons ne rythme plus la production. Le temps de l’usine fait de l’ouvrier une chose qui n’a pas licence de prendre conscience
- Ouvriers acéphales : Bataille — littéralement sans tête. Le vide mental est indispensable aux esclaves de la machine moderne
- Critique de Marx : même si l’ouvrier devient propriétaire de ses moyens de production, sans que changent ses conditions au travail, il demeure épuisé. C’est le dispositif technique lui-même qu’il faut réformer, pas seulement la propriété. Dés-intriquer machinisme, argent et bureaucratie
- Malheur : “vous fait passer au-delà de l’indignation” — passivité absolue, anéantissement de soi (Catherine Millot). Au-delà de la souffrance et des états d’âme : l’âme est pulvérisée par la brutalité des mécanismes
- Solution : donner à l’ouvrier “la pleine intelligence de la technique” — la compréhension fine de l’entièreté du processus technique
- Inégalité genrée : les hommes peuvent gravir les échelons, aux femmes on ne demande qu’une rapidité d’exécution
Mobilisation :
- Dimension existentielle de l’aliénation technique (au-delà de Marx)
- Témoignage vécu, citation forte
- Organisation du travail comme système déshumanisant
- La morale comme théorie des valeurs dans la question technique
Cité dans : Dissert #1