Recto
Walter Benjamin L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique 1935
Verso
Thèse essentielle : La reproductibilité technique (photographie, cinéma) fait perdre l’aura de l’oeuvre : son “ici et maintenant”, l’authenticité de son existence. Mais cette perte permet la démocratisation de la culture et change le statut de l’art. Risque : instrumentalisation politique et standardisation.
Approfondissements :
- Destruction de l’aura : la main est déchargée de tâches artistiques essentielles, la technique désolidarise le corps de l’artiste — il ne reste que l’oeil. L’oeuvre est délocalisée, diffusée, démocratisée
- Valeur de culte vs valeur d’exposition : les oeuvres n’ont pas toujours été faites pour être vues (gargouilles, statuaire vaudou). Le tableau désolidarise la fresque du mur. L’objet de culte perd son caractère magique, l’oeuvre d’art perd son unicité. Selon Brecht, elle devient marchandise
- Photo comme microscope : la photographie agit comme un microscope, augmentation radicale de la perception sensible. Points de vue sur le réel que le corps n’aurait jamais permis (zoom, ralenti)
- Histoire des vaincus : Benjamin s’en prend à une écriture de l’histoire qui oublie les vaincus. “Les dominants d’aujourd’hui, les héritiers des vainqueurs passés, n’ont pas cessé de vaincre.” Pour les héritiers des vaincus, le mythe du progrès éclate
- Esthétisation fasciste : Marinetti tire une satisfaction artistique de la destruction. L’expérience esthétique fasciste = esthétisation de la politique dont le point culminant est la guerre
Mobilisation :
- Tension technique/culture : la technique détruit et démocratise
- Perte de l’aura comme transformation (pas seulement perte)
- Lien avec industrie culturelle (Adorno)
- L’écriture de l’histoire depuis les vaincus
Cite dans : Dissert #3