Recto

Roland Barthes Textes sur Cy Twombly 1976 (repris en 2004)

Verso

Thèse essentielle : Barthes examine l’oeuvre de Cy Twombly et se demande : “qu’est-ce qui se passe la ?” Il impose a la peinture un regard qui n’est pas classique : il interroge la peinture sous le rapport de l’evenement, elle qui serait l’art de l’espace. Interroger l’evenement, c’est interroger la technique au fondement de l’apparition de la chose.

Twombly propose une anti-technique : une maniere de faire nonchalante et legere. Il laisse trainer la substance, disperse son grain en retenant la pression, procede par attouchement plutot que par ecrasement, feint le gommage. Ces gestes installent “la matiere comme un fait”, ou l’objet sali, use dit mieux la verite des choses que lorsqu’il est neuf et pur. Tyche : dans l’acte de jeter s’inscrivent une decision finale et une indecision terminale, “on sait ce qu’on fait mais pas ce qu’on produit”. Le geste de Twombly est anti-ingenieurial.

Barthes envisage la technique comme “ce qui surgit”, comme accident, au coeur d’un art de la secousse, de la maladresse et de l’infantile, ou se rencontrent un art consomme (du calcul minutieux) et le hasard.

Mobilisation :

  • Anti-technique : contre la domination de la forme sur la matiere
  • Tyche et contingence : lien avec la metis et le bricolage (Levi-Strauss)
  • Le geste anti-ingenieurial : contrepoint a la technique comme maitrise
  • La matiere comme fait vs la matiere comme moyen
  • Technique comme evenement, pas comme agencement rationnel

Cite dans : fiches-philo.md (cours Claire Brunet)

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Roland Barthes | Geste | Technique