Définition
Concept de Hannah Arendt dans Condition de l’homme moderne (1958). L’animal laborans désigne l’être humain en tant qu’il est voué au travail de conservation de la vie biologique (zoé). Ses activités techniques produisent des biens consommables à durabilité brève, qui se consument au profit du maintien de la vie. Figure asservie à la survie, rappelant l’esclave dans le monde grec : “c’est parce que le sale boulot existe qu’on y assigne des esclaves.”
L’animal laborans s’oppose à l’homo faber, fabricateur d’objets durables qui installent un monde commun.
Articulations clés
- Zoé vs bios : le travail correspond à zoé (vie biologique, survie), l’oeuvre à bios (capacité à être narré, à fonder un monde)
- Mépris triple : Arendt relève que parler d‘“animal” laborans face à l’homo faber est une figure du mépris. Giedion montre que la chaîne de travail naît dans les abattoirs de Chicago. L’ouvrier en est une troisième figure
- Société de masse : l’industrialisation “ne cesse de tuer les choses d’hier pour produire les choses de demain” — basculement de l’oeuvre dans le travail
Mobilisation en épreuve
Grille d’analyse pour distinguer les techniques asservies à la survie (travail, consommation) de celles qui produisent un monde durable (oeuvre). Permet de penser la société de consommation comme régression de l’homo faber vers l’animal laborans.
Concepts liés
- Homo faber - contrepoint : le fabricateur d’un monde stable
- Technique - tripartition travail/oeuvre/action
- Arraisonnement - la technique moderne réduit tout au régime du travail