Samedie 31 janvier - 9h30 en visio Claire Brunet
Candide ou l’optimisme (commentaire ironique de l’auteur) “Il faut cultiver notre jardin” Le morceau de cire de Descartes (à venir, texte préféré de Claire) Quelle est la condition matérielle de tout dispositif technique ? La technique comme mise en forme (Barthes), est-ce que la technique actualise une forme qui était déjà saisie dans la matière ? Ou impose une forme qui n’est pas présente dans la nature ? Textes de Plotin (a inspiré Michel-Ange). L’art, la technè est une lutte avec la matière. Les œuvres qui incarnent ça : les esclaves du Louvre, métaphore de la condition humaine en tant qu’elle est emprisonnée dans le corps (filiation Platon sur cette idée). Faire attention aux définitions dans les dissertations. Dans l’introduction, pas besoin de définitions autorisées, d’auteurs. En introduction : nos définitions, intuitives, qu’est-ce que la langue usuelle charrie comme définition, et après dans le corps évolution de la définition. Candide ou la nature d’un capitalisme bien tempéré : articulation fondamentale fusis / technè, nature / technique. La technique se pose comme cette manière de faire venir au monde des étangs que la nature ne saurait engendrer. Mimétisme et rivalité entre nature et technique. Mais, progressivement la nature est devenue ce matériau, à l’ère moderne, ce “fonds” Heidegger dans lequel nous puisons la matériau de tout geste technique. Qu’il s’agit de techniques simples (bois, verre, etc, voir Barthes) ou de chimie ou matériaux composites du XIXème siècle. Giedion montre comment la grande industrie traite le vivant comme une pure matière. Technique réduit la matière (morceau de cire de Descartes). Comment la technique se saisit de la nature ? Il faut cultiver notre jardin : savoir-faire qui fondent notre raison. Est-ce que production s’oppose bien à engendrement ? Cultiver = culture, ce geste de cultiver notre jardin est un traitement technique de la nature, variation ici d’Aristote avec Voltaire. Il y a un moment dans l’œuvre de la modernité (découverte de l’Amérique, 1863 Olympia Manet pour l’art moderne). À partir de la naissance de la physique mathématiques, la mathématisation de la fusis, la nature devient une matière inerte (cours à venir Descartes). La matière inerte se complique un peu quand ça devient le végétal, le jardin. Le végétal devient le support de la technè. Définition de la technique comme la mise en forme d’Aristote (ça se rejoint). Au bout de la chaîne Giedion, abattoir de Chicago, c’est là que naît la chaîne, pour les débiter d’un geste simple. Ce traitement est à l’opposé de la nature d’aujourd’hui, ça consiste à être le maître et possesseur de la nature, et traiter la nature plus comme un être vivant. Sujet “l’objet de la technique”, objet = objectif, ou support, tension définition. Commentaire “Il faut cultiver notre jardin” : pourquoi c’est un petit propos, un mantra qui concerne la technique. Voltaire ou la nature d’un capitalisme bien tempéré : bloc du cours, le discours de la méthode, l’Encyclopédie, Voltaire, Marx, Weil, puis Giedion. Époque de la constitution des manufactures, entre la manufacture et l’usine. Les multiples artisans qui font un carrosse, maîtrisant la totalité d’un savoir-faire, puis réduction des tâches et outils manufacture, puis pathologie industrielle. Il faut cultiver notre jardin : Détails (livre à voir). Commentaire appuyé sur deux textes, Starobinski, Le fusil à deux coups de Voltaire. Émission de radio Voltaire / Ferney, “le dernier des écrivains heureux”, citation de Barthes. Bien écouter. Épisode où 1. il y a le prototype de l’engagement, propos de Badinter, défense de Calas de Voltaire (écrivain qui condamne l’injustice), on pourrait rapprocher ce travail de Forensic Architecture (on pourrait démontrer qu’ils répondent à la définition du droit et de la justice, Badinter commentant Voltaire qui défend Calas). La dissertation : on doit rendre compte de ce qu’il dit. 2ème partie de l’émission, Voltaire qui aménage son domaine. Cultiver notre jardin : personnage antithétique, Rousseau. Rousseau c’est à l’inverse, contempler la nature et ne surtout pas la transformer en jardin. 1ère phrase “Le premier qui eut l’idée d’enclôre un terrain, celui causa la ruine de l’humanité” (formulation à vérifier). Comment lire ce “notre jardin” : forme particulière de la nature, les fleurs, les arbres, le végétal. Le verbe cultiver nous place dans la perspective d’une intervention (technique intervention sur la nature) mais dans ce cadre s’agit-il de jardinage (intervention esthétique, aux limites de l’inutile) ou s’agit-il d’agriculture, ici en réalité s’infiltre une philosophie de l’argent et du commerce, s’agit-il de produire, pour sa propre économie domestique ou de fabriquer de la richesse et s’il s’agit de fabriquer richesse, en fabrique de façon comptable et fini ou de manière exponentielle. La philo grecque : refus de l’infini, oikos, petite communauté, lieu, le jardin renvoie à cette structure fermée, fini. Candide : bouge d’un endroit à l’autre où il y a des catastrophes à chaque, et fini un peu désespéré que le temps du voyage est fini et se poser, donc cultiver le jardin. Le jardin est une petite structure finie. Important comme technique mise en forme d’un matériau, fini, borné. Endroit où Candide échoue au terme d’un voyage sans fin, c’est surtout, le moment où Candide qui a été passif devant les événements (tremblements de terre de Lisbonne), décide, moyennant le jardin, de devenir actif. D’une passivité devant le monde, il décide de s’extirper pour agir sous le monde. Le jardin c’est ce morceau du monde où je peux devenir actif, notamment après l’expérience de la déception. La geste technique comme anti-dépresseur. Interprétation subjective et morale de la phrase de Voltaire. Mais plus compliqué car en réalité Voltaire s’engage dans une micro entreprise capitaliste au bord du lac Léman. Interprétation subjective de la maxime mais qui relève de la logique générale du roman qui est conclu comme une fable de La Fontaine. Témoignage des choix de vie de Voltaire et d’un traitement de l’époque de la nature. Le jardin est dérisoire par rapport au monde que Candide a parcouru, mais particularité, ressource de travail inaliénable, on ne peut pas me l’enlever, c’est mon travail. La nature est donc ce petit périmètre que je choisis, pas le grand tout. Mon lieu, ma maison, ma famille mais qui ne fait pas naturellement tout ça mais à force de travail. Renvoi à Arendt, “l’œuvre de nos mains”, John Lock (emprunt), réponse à la philosophie de Descartes, ordre et raison, mais les anglais on défend l’expérience. Descartes “Les lettres anglaises”. Le jardin c’est une nature que je m’approprie par l’œuvre de mes mains, et la technique c’est le geste de cultiver, prendre soin de la nature en sorte qu’elle devienne un jardin. Ce n’est surtout pas ici la cueillette de Rousseau, mais le binage, cerclage, bouturage et autres activités qui relèvent d’un savoir faire, d’un savoir jardiner (forme de l’artisanat qui est totalement prise dans la naturalité du monde). Philosophie pragmatique de Voltaire, du faire, aussi une philosophie de propriétaire. Mais c’est un éloge de la propriété qui contrairement à Rousseau ne mène pas à la guerre mais au bonheur. Dans “Le dernier des écrivains heureux” de Barthes : “l’espace que Voltaire parcours d’une marche forcée” (Zadigue) “on ne fait que voyager dans ses contes, on est pas dans un voyage d’explorateur” (=/= voyages Persan Montesquieu) “c’est un espace d’arpenteur / les romans de Voltaire ce sont des tours de propriétaires”. Candide décrit le parcours qui va d’une forme d’autorité, la nature, au travail. Candide est un héros moderne. Celui soumis à l’autorité de l’église, le remplace par le travail. Le travail n’est pas une forme d’aliénation ici. Appropriation tempérée du monde qui permet de circonscrire l’endroit où peut être la vie pourra être heureuse. Nous ne pouvons plus compter sur la protection divine, mais nous pouvons compter sur notre puissance productive, la nature devient le lieu de production et non plus de donation. Je ne suis pas en train d’épuiser la nature comme chez Heidegger / Candide ne parle que de moral “où pouvons-nous être heureux ? pas dans le voyage et les malheurs de l’humanité”. Variation de la formule “pour vivre heureux vivons caché” formule stoïcienne, liée à une protection du pouvoir mais ici maxime Voltaire, variation productive (=/= productiviste). Nature pas à contempler (Les rêveries du promeneur, Rousseau), elle est à travailler. La technique devient un travail. S’inscrit avant Marx, c’est au bord de la manufacture. Tour du propriétaire, physiocratie, naissance rendement et capitalisme. Nature est employée au sens banal du terme. Elle n’est pas à contempler mais à travailler, cf. vignette de Barthes sur la mine. Cf. Hubert Robert, Pieter Brueghel (la chute d’icare)
On peut faire un fragment de dissertation en commentant une image. Starobinski, il n’y a plus d’ordre à commenter, ordre comme arrangement divin, totalité qui a du sens, mais il y a un sol à travailler. La nature n’est donc plus le cosmos de l’antiquité, ni la créature chrétienne mais doit être pensée comme un sol à travailler, dont le geste technique pour s’emparer. En cela Voltaire est chrétien sans le savoir, s’il y a un jardin prototypique, jardin d’Eden, où nous vivions comme l’homme à l’état de la nature Rousseauiste, et faut donc travail (malédiction). Barthes, “formule bourgeoise du rendement”. Starobinski (commentateur de la littérature du XVIIIème siècle, La transparence sur l’obstacle, professeur de littérature à l’université de Genève mais d’abord médecin et médecin psychiatre, le travail est un remède à la mélancolie) complique l’affaire : dimension consolatrice de ce micro geste technique qui consiste à s’occuper de son jardin, remède à l’ennui. Le tour du monde a désespéré Candide, a été la déconstruction de l’optimisme. Pour continuer à vivre, reste à travailler, Candide a été ruiné par ses voyages, mais la formule morale, (commentaire moral sur la technique / moral au sens comment bien vivre, philo grecque, qu’est-ce que c’est que mener une bonne vie, parodie de l’Odyssey) le jardin propose la tempérance entre l’extrême dénuement et la richesse capitaliste. La nature n’est pas le lieu de l’ordre divin parfait, elle est cet espace où nous construisons notre bonheur au monde, le jardin. Société agricole, technique particulière, pas de l’arraisonnement. Jardin = lieu de la privatisation de la nature, pas au sens capitaliste, mais au sens de la vie privée. Endroit où chacun peut prendre en main son destin.
Engagement Moderne : engagement moderne, de l’hygiène, de la vérité des matériaux et des formes. Utopie réalisée, la cité-jardin, sauf que cette utopie finalement n’a pas été réalisée. Des formules qui se sont heurtées au réel. Récupérer par des gouvernements totalitaires, nazisme, etc. Ambition à la base morale, utopique, de fabriquer le monde contemporain. Et après ça l’engagement d’après guerre c’est 1/ réaliser l’échec (texte Aldo Rossi, folio), “c’était ça la réussite des avant-gard”, Branzi “après-guerre on a compris que la ville, le logement, devait être désarticulée”. Gueule de bois de l’après-guerre, après on se dit restons en à notre jardin puis revient le truc globalisant dans les années 70. http://problemata.org/fr/articles/222 Bunker archéologie, Virilio.
Artisans, designers, architectes : un engagement en faveur de la vérité ? L’engagement se produit-il toujours dans une rupture avec la tradition ?
- Pas nécessairement chronologique. Walter Gropius refusait qu’on enseigne l’histoire au Bauhaus. Querelle du type à Cologne. Artisanat / design / pratique artistique. Le design : à la base rupture avec le frou-frou victorien. Combat artisan / designer, quelque part. En 2 parties, partie 1, moderne etc. Vers un architecture de Le Corbusier. Geste contre la tradition. Partie 2, Marcel Duchamp, rupture de la figure de Morris, une autre modernité. 2ème modernité, citation de Branzi. “Crafting, design in Italy”, Gio Ponti, leggera (à chercher / voir). 3ème temps : rupture avec ce qui se présente comme la tradition moderne, c’est-à-dire une non tradition. Cirque postmoderne à ré-insuffler les techniques vernaculaires etc. / Vérité = quasiment les bons sujets.
Tradition chronologique, rupture de styles, mais avec des incartades de figures opposées. Si la tradition c’est l’histoire des styles alors la modernité se positionne en rupture. Si la tradition c’est les manières de faire ancestrale, alors William Morris et Global Tools.
Si sujet fleure bons les exemples contemporains : on peut faire la remontée des concepts, en partant d’aujourd’hui jusqu’à William Morris. Citation proche d’aujourd’hui : il faut partir d’une première partie qui explique la citation aujourd’hui, puis remonter le fil.
Ninon : texte Mendini, “Je ne sais pas…” je peux encore.
Selma : “dans ou hors du système dominant”, histoire des styles et modes de production encore une fois peut fonctionner. Mode et standard : Bloomsbury et la fast fashion.
Orane : “artisanat, design et architecture peuvent-ils être les vecteurs de l’émancipation ?” / s’émanciper de l’histoire des styles c’est s’émanciper des modèles aristocratiques, Grandeur et décadence de César Virote (parfumeur bourgeois qui fait fortune puis se ruine). Histoire des styles c’est l’histoire des aristocraties (dénomination, Louis XIV, XV, XVI), la norme esthético-sociale. S’émanciper par rapport à la dèche.
Histoire des styles et de la tradition : Crimes et ornements, Vers une architecture, rupture avec idée de style des modernes, meubles tubulaires de Sottsass.
Aborder la question par la nature des objets produits.