Mardi 07 septembre - 16h30 à Duperré Catherine Geel Pont du Carrousel à Paris : photo et illustration de Grandville sur le mode Saturne. Aquarelles de Dickinson’s : on pense que Benjamin consulte le livre en 1934, l’album propose une visite virtuelle dans la Great Exhibition. Album en chromophotographie, technique d’impression luxueuse. 1ère image : frontispice de l’exposition, grille, emblême exposition = fontaine en crystal. Benjamin s’étonne : contraste entre un bâtiment tout entier gouverné par la rationnalité et la fantaisie de décoration, issue d’une mode orientale. Pour Benjamin le goût pour les contes orientaux se retrouve à plusieurs endroits dans l’album (raison simple = stands par pays, notamment planches sur la turquie). Y transparait une forme de féérie. Benjamin note l’idée d’un assemblage apparemment spontanée entre produits de la technique et éléments naturels. Effet orientalisant aussi dû au fait de la conservation de deux grands cèdres et ajout de palmiers. On peut aussi ajouter l’effet dehors / dedans, provoqué-permit par la serre. Autre aspect que Benjamin regarde avec attention : les vitrines, manière dont elles sont scénographiées, parfois avec des modèles relativement simple mais qui propose déjà une forme de cadrage (au-delà du fait de ne pas toucher). “Les expositions universelles fut la haute école où les masses exclut de la consommation… Tout regarder, ne toucher à rien.” Qlqc commence à se jouer dans la spectacularisation des produits. Naissance de l’étaligiste. Display promut par le Verpund (?). Benjamin 2 notions : valeur d’usage / valeur d’échange. Quand l’objet est en vitrine, il n’a plus à faire la preuve de son utilité. Marchandise-fétiche (expression marxienne). Elles sont au-delà de la valeur d’échange et créé un cadre où la valeur d’usage passe au second plan. Marx : excellent en terme de description (commentaire de CG). Valeur d’usage : emploi concret qu’on fait d’un objet, la spectacularisation de la marchandise l’effacant, la faisant passer au 2nd plan. La valeur d’un produit dans nos imaginaires repose sur la quantité de travail nécessaire à sa production. Mais dans un système de grande industrie, le prix de la marchandise, donc la valeur d’échange, va dépendre de multiples paramètres (prix des matières premières, rationnalisation des processus de production). Monde dans lequel l’économie se complexifie. La valeur d’un objet : calcul profondément modifié. Les marchandises et leur valeur d’échange, perpetuellement changeante, ont-elles l’air de vivre leur propre vie ? C’est là où Marx pose la notion d’objet-fétiche. Objets magiques ou religieux. Formes des vitrines sont d’ailleurs sous-tendues par des inspirations religieuses (reliques). “Une marchandise paraît au premier regard quelque chose de trivial et qui se comprend de soi même. Notre analyse a montré au contraire que c’est une chose très complexe, pleine de subtilités métaphysiques et d’arguties théologiques.” W. Benjamin La marchandise devient mystèrieuse, perd une aptitude à l’échange, on rentre dans l’irréel. Marx : vocabulaire de la bourse qui se complexifie, vocabulaire qui rend la marchandise quasiment autonome, humaine. La marchandise commande à l’homme malgré qu’elle soit produite par lui. Transfert des rapports sociaux sur la marchandise Marx le désigne comme un rapport fantasmagorique des choses entre elles, et tout ça sont des emprunts aux termes du spectacle, et notamment de la lanterne magique. Benjamin utilise le sens de la fantasmagorie de façon encore plus forte que Marx, avec son étude des expositions universelles qu’il qualifie en qlq sorte de gigantesque illusion. Images d’Épinal (1er degré) exposition universelle de 1855, diffusées massivement : on est dans le registre du spectacle, abdondance, regardant (de toutes origines) et regardés (les objets mis en scène). Par le biais de l’image imprimée : nouveau monde de l’abondance et de la marchandise (associée au luxe et au spectacle), ce nouveau monde se diffuse, début de la publicité. Baudelaire, Curiosités critiques, 1863 : le beau bizarre , terminologie qu’il emploie dans sa définition des expositions universelles, qui inspire Benjamin qui le lit beaucoup. Le moderne c’est le transitoire, le fugitif (définition du moderne de Baudelaire). Benjamin nous montre le sortilège de la marchandise fixé dans les images de l’époque. Ce que Benjamin voit en Grandville : illustrateur qui a fixé “l’énergie onirique d’une société” / “s’est réfugié dans le régime onirique de la mode”. Les images de Grandville sont des expressions / représentations mentales que l’on associe aux objets. Images agissent sur 2 niveaux : elles rapportent un monde merveilleux/onirique et en même temps elles le diffusent. Attention =/= publicité et réclame (détaillé plus tard). Grandville préfigure le surréalisme. Dans le réel la réalité du rêve. La mode moderne enchevêtre toujours à la réalité son propre mode onirique. Benjamin sur les images de Grandville : “dans l’esprit où la publicité, la réclame, commence à présenter ses articles”. Sur la publicité : dès les expositions universelles, la ville même est transformée en slogan. Les passages de Paris où Benjamin cite les magasins du Louvre appelés les “plus grands magasins de l’univers” = on bascule dans une dimension cosmique. Benjamin et l’exposition universelle (chapitre VII) ? : Benjamin traite de l’expo universelle avec Grandville et les aquarelles officielles de Dickinson, tente de montrer comment les contemporains perçoivent la marchandise. Catalogues à destination des vendeurs pour leur apprendre à mettre en scène leurs produits Henri Cole : instigateur de l’exposition universelle, fondateur Journal of Manufacture Design, Victoria Alba Museum ouvert jour et nuit pour diffuser les savoirs industriels. “Nouvelle marchandise” / selon Benjamin Grandville reconnaît très tôt le boulversement qui s’opère avec l’apparition de la société de consommation càd le changement de rapport entre les hommes et les choses. Fantasmagorie = pas vraie, forme de critique sociale, Marx écrit une vingtaine d’années après les aquarelles de Grandville, où il parle d’une relation altérée entre les hommes et les choses dans le capitalisme. Irrationnalité qui s’installe entre l’homme et les objets développé par Marx. Manière dont la publicité et ses images vont se mettre à doter la marchandise d’un éclat, d’une aura. Qu’est-ce qu’on peut dire du design par rapport aux expositions universelles ? Création d’une agence internationale dont le seul but est d’organiser les expositions universelles. La + emblématique pour le design : exposition de Moscou, projection des Eames, Jean Nelson qui organise tout le display. Idée que le commerce développe la paix mondiale, l’idée de se retrouver autour de marchandises offre la paix / libre échange et division du travail de la production mondiale. Le design né de l’exposition et de la foule qui vient le voir dans les expositions universelles. Expo universelle : un des premiers événements de masse, incarne le déchirement indépassable du design entre d’une part l’idée d’un design industriel pour la masse où l’optimisation et les nouveaux procédés permettent le développement de marchés et d’objets et ceux, toujours dans le monde du design, pour qui ces mêmes avancées sont aussi la possibilité d’observation, d’action sur la société dans sa globalité. Expo = fait de culture. 2 postures : 1 le design allié à l’industrie développe des marchés 2 le progrès, la machine, le travail permettent de revoir notre rapport au monde Ulm, Bauhaus. Vermunt.