Lundi 10 novembre - 15h à l’ENSCI Sophie Pène professeure émérite en sciences de l’information. Relation au projet de tiers-lieu à la Martinière.
Design des mondes ruraux à relier aux études de la technique Tiers-lieu la Martinière 3 types d’explication design rural / technique Sébastien Marot, Prendre la clef des champs : agriculture et architecture (exposition en 2019, lien vers un podcast)
En quoi affirmer une relation entre le designer et le paysan / entre design et campagne peut constituer une étude de la technique (du design) ? Le design comme technique = série de processus sur la matière. Designers qui travaillent avec ou à côté des paysans, mais pas à la place.
Remarques bibliographie : ombre du bricolage, sociologie… Pas grand chose qui lie technique et ruralité.
Tiers-lieu la Martinière : près de Rohanne, Tom Ebrard, Clément Rémy, Samuel Chalomé, Raphael et Théo Herrerias (groupe musical, “ça va aller”), Pascal et Françoise Chambray, parent de Samuel Chabré (cf. conférence de VV). Lieu d’expérimentation sur les pratiques agricoles à l’ère anthropocène, échanges locaux, subsistance. Impose de revenir à l’histoire du monde paysan, notamment sous l’angle politique (chants du travail, des luttes), histoire politique “corps broyé” par l’industrie agricole. La ferme des Bertrand, de Gille Perret : documentaire à voir. La résidence de la Martinière : exemplaire de lieu archipel isolé. Samuel et Tom se définissent comme des “colporteurs”, ça s’explique de visu. Réseau d’essaims, “soudons, ferme”. Résoudre la problématique du partage : la ferme du Rublais, la ZAD Notre-Dame-des-Landes, ferme Bourgade (?) dans l’Aude (réhabilitation post incendie de cet été). Réseau “l’Atelier paysan” : formation mécanique, soudure, construction d’outils agricoles… (Grenoble et Grand Ouest). “Reprendre la terre aux machines” manifeste. Série de conférence “design du territoire”. Podcast de Samuel Chabré de ferme en ferme.
Altération du corps, cancer (traitements des terres), disparition précoce d’amis, de familles… Histoire d’une aliénation. Campagne : loin d’être seulement un repli contestataire (FN), Samuel dit que c’est de la campagne que tout repart. Technique de l’alimentation du future. Renverser la politique pour la faire repartir de l’alimentation et des techniques de la production ou de la régénération alimentaire. Tristesse de ne “pas transmettre une terre vivante”, ménager la terre qui nourrit. Thématique nourricière, c’est la pensée derrière la pensée technique agricole. Résister à la marchandisation de la terre : “il ne faut pas que ce soit le porte monnaie qui décide de ce que vous mangez”. Créer des techniques adaptatives. Résister au politique (création des soulèvements de la terre). Agroindustrie numérique : lutter contre expansion, qui efface la figure du paysan. Socialisation de la production, décider en commun de notre alimentation… La campagne = d’où part la pensée technique, s’appuyer sur la régénération plus que la production. Domination de la production patriarcale, au détriment d’un modèle de régénération davantage matriarcale (citation voir biblio S.P.).
Design des mondes ruraux, ce que le design fait à la campagne et réciproquement (Emmanuel Tibloux, 2024), introduction du livre : inféodation de la campagne à la ville. Campagne : lieu de déplacement mais où s’installe une effervescence de projets contestataires. Critique de l’intro : Tibloux, sort l’industrie de la campagne, pas tout à fait juste. Pour des questions de justice sociale, la campagne a le droit au design. Esthétique du paysage et de la diagonale du vide, mais Tibloux cite surtout des problématiques de petites villes, et manque la radicalité et la richesse de pensée des collectifs à l’œuvre en ruralité. Il exclut : machines agricoles, fermes géantes, etc. et s’appuie seulement sur des situations morales. Filiation design des territoires des Arts déco, mettre de la douceur et de l’émoliant. Au contraire réseau de l’Atelier des paysans, qui essaime dans toute la France avec un fort accent sur la machine / autoconstruction de machines pour s’émanciper. Texte “La machine dépossession ou (?)” sur site de l’Atelier : “beaucoup pense que la machine est neutre (ce n’est pas la fusil qui tue mais le tireur)… / nos pratiques d’autoconstruction / inventaire de nos dépendances / contribuer à nos libertés individuelles et collectives”. Machine : symbole politique de l’asservissement des populations agricoles mais l’Atelier tente d’en faire un outil d’émancipation au contraire.
Le communalisme et la démocratie directe : design des communs, design de la co-conception. Communalisme politique : alternative, historicité = commune de Paris, émancipation des démocraties représentatives, séditaire/césitaires (?). Lien à Chiapas (enseignement du graphisme, école alternative Mexico ?).
Machines production hydrolique, énergie. Exemple Yoan Ollivier, commandes de collectivités sur la destination des communs. Exemple de la possession de l’eau. Exemple du canal du Midi. Design pour organiser un nouveau partage de la ressource, du sol sous-terrain, qui n’est pas qu’une surface. Gestion de l’eau à Grenoble. Les réseaux font carrefours dans les villes. Réseaux Grenoble : Alternatiba, Nuit debout Grenoble, etc. Pas de coupures nettes entre villes et campagnes comme pourrait le sous entendre Tiboux.
Sébastien Marot : architecture et agriculture. Comparaison secouante. S.M. enseigne l’histoire de l’environnement, commissaire d’une exposition “Technices & agriculture” (à Barcelone ?) de laquelle il écrit son livre. La sédentarisation de l’agriculture a donné lieu à une architecture de la protection. L’agriculture domestique la terre, l’architecture domestique les travailleurs. La révolution numérique a commencé au néolithique (modèle extractiviste). Changements climatiques. Pandémie covid. Domestication a situé la présence ou non présence des espèces et hommes à des endroits, promouvant paradoxalement l’effondrement de la vie. 6 scénarios d’évolution = un des scénarios développementalistes : agro industrie en expansion totale pour nourrir la planète avec une terre morte. Rapport systémique agriculture / architecture. Villes sont condamnées, c’est dans la campagne que se résolve la crise environnemental, la campagne est le lieu de la stratégie. Suzanne Husky, le castor amont de la rivière (dessin tapisserie à voir).
Le design comme permaculture : prendre en compte toutes les couches de la terre. À la dépendance des sols aux engrais, réponse = permaculture. Sociologie de la violence, livre sur Ténèbres (?), d’un sociologu émérite, Didier Vacent (vérifier ortho.).
Sortir de l’image d’Épinal du designer au champ.
Série documentaire LSD sur les mondes ruraux.
Sur des exemples au-delà de la France (historicité 27ème région) : Ezio Manzini Sustainable Design.