Méthode et définitions du manifeste 1848 Londres, février, ligue des communistes, auto-publication anonyme au départ, Marx et Engels. Texte de 20 pages. Origines : Thomas Münzer, réforme protestante, appel à la révolte des paysans. Écriture manifestaire, révolutionnaire et religieuse : enjeu de la nouveauté. The Levelers : groupe de radicaux anglais, guerre civile Angleterre XVIIe s. 1648, The Agrement of the People premier titre, puis A new engagement or a manifesto. Mise en place de règles après la première guerre civile anglaise. Un écrit qui pose des fondements, radicalité. Marx a beaucoup lu Munzer. Manifeste Parti communiste : rupture textuelle et graphique au-delà du politique. Médiologue Régis Debray : relation entre la pièce et le socialisme, spécialiste des médias. Idéal, « re » du recommencement, réclame, révolution. Écriture présentiste, du présentisme, hyper présent (position) caractéristique de l’écriture manifestaire. Emprunte du passé et rupture avec ce temps. Volonté de s’inscrire dans une action présente. Terme d’historiens, qualifie aussi les avant-gardes. Le manifeste se lit par la multiplicité de ses signes (existence formelle et matérielle qui participe à l’histoire du manifeste). Exemple Manifeste du Parti communiste (presse Burgade à Londres), envoyés sous forme de brochures, distribué clandestinement, tirages conséquent pour l’époque. Caractère gothique, bordure ornementale avec répétition de motifs (plutôt classique), intérieur mise en page texte justifié, centré, gothique. Fraktur caractère, à partir du Textura, caractère phare de la renaissance allemande. Fraktur arrondi, plus de lisibilité, question de fonctionnalités liées à la lisibilité, enjeu contemporain à l’époque. Fraktur deviendra typographie officielle de l’Allemagne jusqu’au XXe s. Objet à remettre en contexte, révolution industrielle (structures artisanales remplacées par l’industrie, machine à vapeur existante depuis + d’1 s.). Même époque : développement de caractère linéal, égyptienne, (Two Lines 1816). 1848 : quelques années avant Crystal Palace, et mouvement contestataire Arts & Craft et Gothic revival. Retour à des formes visuelles issues du médiéval (lecture romantique de ces formes). Origines avant-gardistes du manifeste, artistiques. Manifeste du futurisme, F-T Marinetti, 1909 dans Le Figaro. Manifeste fondu dans la mise en page du journal. Va prendre d’autres formes selon publication. Caractéristique du genre manifeste : objet protéiforme, qui se republie, donc difficile à définir. Article de Viviana Birolli : « Logiques d’usages des manifestes / projets artistiques totaux ». Marinetti : hégémonie, signe et surveille toutes les publications, très attentif au fait de se distinguer des autres manifestes / mouvements de l’époque. Logique de disruption, prémices des techniques publicitaires. Toutes les avant-gardes font usage de ce genre du manifeste. Manifestaire : Claude Abacado, invention, pour circonscrire des objets plus larges à l’adverbe initial manifeste. Manifeste du vorticisme, revue Blast, Whydham Lewis, 1914. Mise en forme assez originale pour l’époque avec points numérotés. Caractère de type linéal gras sur l’ensemble du texte, pas seulement les titres. Répétition du pronom personnel « we », anaphore. Écriture violente, de l’ordre du combat. 1er manifeste de la revue d’art « Le style », De Stijl, 1918. Texte justifié, classique, caractère gras linéal seulement pour titres. Laszlo Moholo-Nagy, « Die Neue Typographie », 1923, première exposition Bauhaus, Weimar. Texte fondateur de la nouvelle typographie. Rouge et noir, asymétrie, caractéristiques du mouvement. El Lissitzky, « Topographie der Typographie », 1923 in Merz. Alternance des verticales. Format revue et diffusion plus importante. Pour comprendre manifeste : fond / forme, choix du papier, composition, couleurs, typographies, agencement du texte… Prendre en compte l’objectalité du manifeste. Aucun « isme » n’a fait l’économie d’une écriture manifestaire. Arthur Danto, L’art contemporain et la clôture de l’histoire (1997). « il n’existe pas d’art qui soit plus vrai qu’un autre » Une des théories de la fin du manifeste : mouvements artistiques qui arrêtent d’essentialiser à une forme d’art, fin du mouvement moderniste / avant-garde. Pour Régis Debray, fin du manifeste plutôt lié à l’avénement des formats numériques, trop de contenus, impossible de distinguer une publication, donc plus de modes de communication qui permettent l’essence même du manifeste, objet de la rupture et de la radicalité (au sens des fondements). Théories posées à la fin du XXe s. / début du XXIe s. remises en question par d’autres historiens. « Le temps du manifeste » article de Serge Margel « manifeste ne se réduit pas au temps du mouvement avant-gardiste ». Formes persistantes, pourquoi ce genre est toujours présent ? Quelle est la valeur de ces objets ? Est-ce qu’ils arrivent encore à se distinguer ? « Retardataires post-moderne ». Seconde moitié du XXe s. Forte production de manifestes USA / Europe. Problèmes de traduction pour analyser d’éventuels manifestes venus de l’Asie et Afrique. Des formes variées et nombreuses, événementialité avec ces nouvelles formes. Années 80 : période de théorisation massive pour le design graphique. « History of graphic design », 1983, première encyclopédie. Discipline design graphique dont les théories et histoire s’écrivent tardivement, manifestes concomitant aussi à cette écriture de l’histoire de la discipline. Étude tardive des objets manifestes. Manifeste éphémère : de l’anglais ephemera, qui désigne format léger diffusé sur temps donné. Objets non-soumis au dépôt légal (en dehors des formats livres). Institut des temps présents, 1978 en France création. Qu’est-ce que ces nouveaux objets raconte de notre histoire présente ? Claude Abastado « Introduction à l’analyse des manifestes », conseillé, didactique, clair pour creuser le sujet. Le manifeste se définit en négation / ce qu’il n’est pas. Donc qu’est-ce que le manifeste ? « Le manuel de la parole », en plusieurs tomes, recherches de 2 personnes au Québec dans années 80. 6 points cités pour définir le manifeste (Daniel Latouche et ?). Pas possible de poser une définition rigide de l’objet manifeste, nécessité d’une flexibilité intellectuelle. Le manifeste n’existe pas tout seul mais toujours par rapport à autre chose. Développement du genre du livre d’artiste. Clive Philippot, logique booléenne (schéma), « Diagramme indicatif the overlapping Territories of books, Artist’s books, and art ». Diagramme poire, pomme, citron, banane. Catégorisation et intersection des formes de manifestes de design graphique. Exemple production artistique graphiques : The Idéal Book, 1893, William Morris (pas mis en forme par lui). Définition en 6 points R. Debray : Manifeste « mémoire matérielle de l’individu », référence Foucault. Agentivité du manifeste : énoncer un problème et tenter d’y répondre. Texte de Chartier, pour apprendre à identifier et définir des objets graphistes. Texte de Mackenzie. Définition formes d’écriture manifestaires en partie « non professionnelle ». Texte : latin texere, soit tisser, confère son aspect matériel au texte. Tout ce qui entoure un texte est fait pour assurer sa présence au monde. Sachant que pour manifeste, 1 même texte peut être republier en différents formats. Manifeste : archive valeur historique. Évolution conceptuelle, sociale, politique, de différents métiers impliqués dans la production de manifestes. Regard alternatif sur la production graphique, en marge de l’écrit officielle. Étude de cas 1er cas Ken Garland, First things first, 1968 (cf. mail). Ken Garland, parcours exemplaire. Mouvementa créé durant études. Fondement de l’agence Pentagram. Quelques boulots importants de Ken Garland : 1956, magazine commerciale Furnishing, puis DA chez Design (magazine) jusqu’en 1962, fonde la charte graphique. Capacité à créer relation de confiance avec clients. Fonde son studio en 1962, Ken Garland & associates. Objectif de s’associer à d’autres personnes, répartition financière équitable, horizontalité, diminution des intermédiaires. Développement de jeux pour enfants, dans une firme, avec Robert Chapman 20 ans jusqu’en 1881 : développement de principes graphiques extrêmement contemporains. Exemple connect. Développement d’un système graphique. Fizhog, Animals. Rapport à l’enseignement : façon de réfléchir à sa pratique. Écrits : Penrose Annual, article 1959 « structure & substance » : pose les bases de sa manière de faire, entre le design graphique suisse et le design graphique américain. Saul Bass (découpage, photo, papier de couleur, films) et Karl Gerlster (Designing program, texte à voir). Contexte arme nucléaire.
Question(s) Avant-garde / moderne ? Jurgen Abermas : la modernité n’appartient à aucune époque. Moderne / modernité / modernisme Modernisme = plutôt avant-garde., période plus restreinte sur 20-30 ans. Terme qui pourrait être réactualisé. Exemple : on pourrait dire qu’il y a une avant-garde belge du design graphique et pratiques numériques (Luce, Constante, usage du livre et du code open source). Modernité =/= avant-garde. Henri Lefevbre : Marx comme moderne. « La typographie moderne » Robin Kinross, très bon livre et analyse de la modernité : auteur nous parle que la typographie moderne arrive dès le XVIe s. Car déjà figures à l’époque contestataires du domaine.