Ken Garland & Événement « Why Join the SIA ? » Société des artistes et designers industriels Institut d’Art contemporain, Londres, novembre 1960 environ. First things first, écrit au fond de la salle durant l’événement par K.G. Éphémère, objet peu coûteux car auto-édité, diffusé. Partie gauche, caractère de titrage épais, graisse et grand, font dessiné par K.G. & associates. À droite texte type Helvetica, linéal néo-grotesque simple, qui demande une attention, une lecture plus fine. Aussi publié dans The Guardian, dans la formalisation du journal, avec intro et éléments de contextualisation d’Anthony Benn, pour familiariser les lecteurs du Guardian à la question du design. Rappel publication dans Le Figaro (voir cours 1). Publication 4ème couverture : bonne stratégie de diffusion, juxtaposition à des choses plus légères qui attirent (météo, jeu, horoscope). Permet la démocratisation. 24 janvier, impact énorme de la publication dans le Guardian, K.G. invité dans le Tonight Show sur la BBC. Écriture manifestaire : vraie pensée de la stratégie de diffusion, choix du médium, choix de la diffusion, choix formels, modalités d’expression différentes. Propos de First things first : dénonce le fait que les graphistes ne font pas toujours attention aux produits pour lesquels ils réalisent des identités visuels. Question du positionnement, « nous les designers sommes photographes, étudiants… moyens lucratifs et efficaces d’exercer nos talents = pub ». K.G. se positionne en opposition à ce dogme, et parle d’une nouvelle posture. K.G. accuse des objets de la grande consommation. Produits « nobles » pour K.G : industrie culturelle, vocation pédagogique et de l’information et transmission. S’opposer à la consommation pure. Rappel, exposition 1851, exposition universelle de Londres, Crystal Palace, laideur des produits industriels et critique de l’aliénation des ouvriers au profit d’une certaine caste (Carlyle, Ruskin, Morris…). On retrouve quelque chose de cet ordre là chez K.G., critique des objets de consommation. Il y a des objets utiles et futiles, du bon et du mauvais design. À la fin K.G. ne révoque pas non plus la culture capitaliste, conscient que ce système ne va pas tomber, forme d’humilité dans le discours mais il n’y a pas d’alternatives. Invoque la responsabilité des consommateurs, par désintérêt vont se détourner des objets capitalistes pour les artefacts culturels, pédagogiques, d’informations. Concurrence entre les designers graphiques, pas la même culture de la commande publique qu’en France, plus de concurrence au Royaume Uni. Pas d’équivalent du SGP (qui a mal pris en France ceci dit), syndicalisme non-existant en Angleterre, équivalent pourrait être la SIA mais accumulation de Freelance. Critique de First things first : écriture dans l’urgence, quand K.G. était jeune, maladresse et imprécision, pas de solutions donnée dans le texte. Question Nivine : Revue Faire, Yann Won (?) et (?), bataille, design graphique, Pays-Bas. Pensée globale du design à l’échelle du design, cas rare, extrême inverse des États-Unis. 1994, bond historique : There is such a thing as society en réaction texte Margaret Thatcher « There is no such thing as society ». Réactualisation First Things First Manifeste 2000, Kalle Lasn, Rick Poynor / Last thing last, K.G. place plus importante aux usagers dans une nouvelle destinée du design graphique. K.G. s’efface, nouvelle génération. Propos a relativement peu bougé dans les années 2000. K.G. signataire mais pas nécessairement porteur. Porteurs du texte plus internationaux. Médiatisation internationale importante. Critique : A Manifeste With Ten Footnotes by Michael Bierut, forme originale notamment de la note de bas de page, pour préciser, combler les lacunes de la spontanéité de la nouvelle version années 2000 du manifeste. Critique : justement sur la posture du choix des projets, les élites du graphisme peuvent faire un choix mais ceux n’en faisant pas partie non. Question de l’abandon, M.B. critique cette posture idéalisée de l’abandon. Parle aussi d’objets plus humbles, accessibles aux communs des mortels, invention de la table nutritionnelle par exemple, grand objet fonctionnel du design graphique et fortement utile aux usagers, consommateurs. Aussi critique des financements émanant des groupes privés, qui financent aussi les industries pédagogiques ou culturelles. Beirut : a fait partie de Pentagram, fait aussi partie d’une forme d’élite du design graphique. Mais remet de la nuance dans le texte et les dérivés du manifeste de K.G.
Grapus Grapus = entité collective qui accueille différentes personnes, qui vont et qui viennent. Un endroit : institut de l’environnement, héritage Hochscule for Gestaltung à ULMP, Ont Aicher, Inge Scholl et Max Bill, 1953. École du lien à l’industrie, en 1968 en train de fermer ses portes. À ce moment André Malraux, ministre de la culture en France, envoie une délégation en Allemagne pour trouver un héritage à la fermeture de l’école d’ULM. Propose à Claud Tshen (?) de venir enseigner en France. Tomàs Maldonado, enseignement de la sémiologie dans le design, designer argentin très engagé côté marxiste. Sous l’impulsion de Claud (?) création institut de l’environnement. Création d’un bâtiment à côté des Arts décoratifs. Préfabriqué. Ambition de l’école : voir citation capture d’écran. (Côme Tony, théoricien ?) / Singularité de l’enseignement, harmonie et cohabitation de différentes disciplines / Enseignement des sciences sociales et humaines, de la sémiologie, géologie, géographie. Cours sur des plateaux (modèles actuels des écoles), cours transversaux. C’est dans l’institut que se rencontre les fondateurs de Grapus, étudiants aux Arts Décoratifs. Développe une pensée collective du design et du design graphique. Texte de François Miehe, importance des sciences sociales dans leur travail. Article de Roland Barthes sur la réthorique visuelle (1960 analyse de la célèbre publicité de Panzanni, signifié, signifiant). Pierre Bernard et Gérer Paris-Clavel, François Miehe. Collectif 1971, quitte institut à la fermeture institut de l’environnement (cause financières), bâtiment détruit car préfabriqué. Puis construction de l’annexe des Arts déco aujourd’hui. Institut environnement +++ 1968-1971. Lieu de travail Grapus : 14ème (appartement d’un des membres), puis Ivry, puis Aubervilliers, puis Montreuil. Positionnement petite couronne, côtoie gauche communiste. François Miehe quitte le groupe années 80, car orientation du groupe vers des projets moins engagés selon lui. Nom de Grapus : vient d’un surnom « crapules staliniennes » qu’on leur donne à l’institut de l’environnement. Projets emblématiques : logo de la CGT. Choix orienté des commanditaires (culture, social). Théâtre de la Salamandre (1969), Tourcoing, formes géométriques. Écriture manuscrite, petite vignette et photographies, emblèmes du travail de Grapus. Lien affiche polonaise, P.B. passage à Warsowie aux Beaux Arts. Suisse vs dimension polonaise portée par Grapus. Années 60 âge d’or de l’affiche polonaise, affiches de films notamment par des artistes, ou affichistes mais pas des designers graphiques à proprement parlé. Production d’affiches avec rejet de la production commerciale occidentale / expressivité de la production graphique. Années 80 institutionnalisation commerciale de l’affiche de cinéma.
Les grands travaux et la commande publique sous F.Mitterand (président en 1981), développement. Premier projet emblématique, La Villette, Bernard Tschumi, 1983, points / lignes / surfaces : Folies, inspiration point ligne plan Bauhaus de Kandinsky, texte fondamental. Identité visuelle par Grapus pour le parc, commande de 1984. François Miehe par développement de grands projets vont à l’encontre de ses idées politiques. Formes géométriques, vert, rouge, bleu et noir. Système modulable de l’identité visuelle, déclinaison sur plusieurs supports. Travail complexe de l’identité visuelle, exercice de déclinaison, prise en compte de la multiplicité des supports. Donne une forme de notoriété dans le milieu politique et culturel. Leur engagement politique les met en lien avec les décisionnaires. Marsha Emmanuelle (compagne de Pierre Bernard) graphiste américaine qui travaille en France au Ministère de la culture à la concrétisation / formalisation du graphisme en France. Plan de privatisation des grandes entreprises nationales : réelle rupture dans la professionnalisation et modèle de la culture et de l’information en France. Texte « La culture française se porte bien pourvue qu’on la sauve », Jack Ralite, 1986. Donne lieu aux États Généraux de la culture et des Assemblées Régionales et Assemblées spécialisées. Appel aux professionnels de la profession par membres États généraux de la culture (expression empruntée à Jean-Luc Godard, césar d’honneur, 1987, « professionnels irréprochables, sachant comment faire les choses donc rassurants » critique de l’élite professionnelles, ironie). Comment sauver le graphisme, interroger le commanditaire, le statut du graphiste. Affiches de Polymago, qu’est-ce que c’est un graphiste ? Le graphisme ? Avec verbatims, dont personnes surement inventées, humour, ironie. Thomas Hirschhorn, pinceau noir, poétique, 1987. Formalisation d’un document collectif en 1987, La création graphique en France se porte bien, pourvu qu’elle existe, Pierre Bernard. 2 parties : deux éléments conceptuels différents, d’un côté question de la définition (pas de ce qui est le graphisme ou les graphismes), là on s’intéresse au métier de graphiste. Envisager des micros spécialités dans un domaine généraliste. Question du dessin / dessein, « design » = dessiner à dessin. Dans le cadre d’une commande : travail dans le cadre d’une commande, avec un commanditaire, un client, à des échelles différentes. Développer un « processus de communication ». On nous donne une définition globale, une des premières déf du métier en France. Définition associée par un texte de Pierre Bernard, mis en forme par Grapus, caractère Gill (fondamentalement moderne), format A6 plié, papier bible très fin mais très solide, 45gr. Papier fin qui lui donne une attention à ceux qui le touche, une forme de préciosité. Propos : encore une critique de la publicité qui a pris le dessus sur la communication visuelle. « Ton général de la frivolité » = plus de positionnement idéologique, politique. « Cucuification », infantilisation des usagers et usagères dans le ton des publicités. La France est passée à côté de l’élan de modernité, a contrario de l’Allemagne (Bauhaus, Ulm), utilisation du terme design comme un adjectif. Lacune épistémologique, historique sur les fondements de ce qu’est le design et la façon dont on devrait l’enseigner et d’hériter des formes de modernité qui ont émergé au XXe s. Repenser moyens production, transmission de connaissances plutôt que persuasion publicitaire. « Le choix de la communication est philosophique, moral et politique, c’est naturellement un choix de la société ». Urgence, sauvetage du design graphique.
Conclusion First things first et manifeste des États Généraux de la culture : posent des questions fondamentales de ce qu’est le design graphisme, participent à une critique du système capitaliste. Critique qui s’ancre à partir de textes marquants notamment The limits to the growth (les limites de la croissance dans un monde fini), chercheurs/économistes américains, rapport qui reçoit pas mal de critiques mais qui a un fort écho sur la critique du système capitaliste, texte qui se diffuse dans le milieu du design. Et aussi Tomas Maldonado, au même moment (p.o. 1971) version fr 1972, enseignant Ulm, Environnement et idéologie , critique le manque d’idéologie dans la posture créative des concepteurs, engagement projecteur (brigua de projectations voir cours 1), se rendre compte de son impact. Projets et situations manifestantes. Olt Aicher Le monde comme projet À LIRE. Compenser une lacune industriel par de l’esthétique : le design ne compense rien, et doit être pensé avec un exercice théorie. La pensée et le faire ne se détache pas dans la pratique du design. Il y a une pensée active chez les designers. Fondamental. Grapus / États Généraux : on est pas professionnels de l’écriture mais on est capables de penser notre pratique. Production manifestaire : rassemblement dans un seul et même objets, de compétences, formelles, de pensées, de diffusion. Manifeste : forme écrite, visuelle et matérielle qui a plusieurs utilités. Chez Garland et États Généraux culturel, dimension projectuelle, manifeste mis au service de la puissance de la conception graphique. Élargissement de la discipline des designer à l’écriture. Position « d’essayeurs » des designers (désigne : contraction terme essai, une tentative, et un genre littéraire). Roland Barthes figure de « l’écrivain » 1960, fait distinction entre écrivain et écrivant (pose une fin, expliquer, témoigner, enseigner, « la parole porte une faire »). Les designers en étant non professionnels de l’écriture se détachent des codes classiques de l’écriture pour la mettre au service du faire dans une acceptation courante, banale de ce qu’est l’écriture. Prendre en considération les manifestes dans le design graphique : pratique assez récente, reconnaissance des productions écrites des graphistes récente (avant production des recherches par des historiens, professionnels de l’écriture). Ces manifestes parlent d’une histoire alternative de ces courants graphiques.