Vivienne Westwood : production, traitement des matières, grande fantaisie, intéressante à tout niveau sur thème engagement. Designers intéressants pour le thème : Rebecca Earley, Jesse Marsh (réseau TCBL), Vivienne Westwood, Jeanne Friot, (Marine Serre, Petit H), Andrea Crews, Hussein Chalayan Michel Foucault (conférence) : le corps utopique, les hétérotopies Penser avec le punk (ouvrage), Catherine Guesde Audrey Millet : Livre noir de la mode (ouvrage) V.W. s’est fait connaître avec la mouvance punk à l’initial.
Plan du cours La mode peut-elle s’engager ? Vivienne Westwood, une trajectoire Dix premières années années contestataires en mode punk (V.W. consièdre arrêt punk 79, mort guitariste S. Viscious ?) - Une contestation des normes et conventions via l’allure - DIY ou agir et apprendre par soi-même : un mode de faire alternatif Manier les temporalités pour rêver l’avenie : la part utopique
- Un navire pirate inaugural comme autre manière de faire contre-société - Interroger les formes du passé pour rejouer les codes sociaux et genrés - Se servir de la mode comme étendard politique Une entreprise / une charte éthique pour construire et produire une mode autrement (aller voir le site de V.W.) Quand on dit mode engagée : pouvoir qualifier la promesse, redéfinir le contrat qui nous lie à la mode ou vêtement (pas tout à fait la même chose), soit à la présentation de soi. Mode engagée pourrait être un oxymore tant la mode est synonyme de frivolité et de production excessive. 2 générations de fast fashoin (Inditex, années 90) et depuis 2010 ultre-fast fashoin (Temu, Shein). Une des industries la plus poluante du monde, exploitation qui s’apparente à l’esclavage Afrique. Mode “jetable”, vêtements en grande quantité, à chaque étape de production jet, perte. Ultra-éphémère de la mode ajd. Marché seconde main en pleine expansion, qui pousse aussi en partie à une consommation excessive. Une démarche radicale en mode serait d’arrêter de produire. Sit ONG, Les amis de la terre, si on arrêtait de produire du textile, l’humanité aurait suffisamment de vêtements jusqu’en 2100. 2022 moyenne en France, 45 nouveaux vetements / habitants. Accords Paris : conseille 5 vêt. maximum. Très grande consommation s’accompagne d’une grande difficulté du secteur sur le sol européen, consommation de vêtements peu chers, ultra consommables, venant d’ailleurs. Délocalisation de la production vers pays Asie du sud est (baisse coût main d’oeuvre, Shein 18h travaillé, payé 0,04€ par vêtement produit). Augmentation utilisation fibres synthètiques, pétrochimie. 10 000 nouveaux produits / jour, Shein. Traditionnellement on parle de 2 collections par an, depuis une quarantaine d’années, les collections se démultiplient, 20 à 50 collections par an côté fast fashoin. Audrey Millet (ouvrage) : 4 périodes, développement du prêt-à-porter de plus en plus standradisé. XVIIe siècle avec production de plus grande quantité pour marins et soldats (lin et autres fibres), pour la guerre. Vêtements et tailles standards pour première fois, avec ouvrière qui travaillent plus de 10h par jour dans des arrières cours. XVIIIe siècle, essor de la culture du coton USA, production à grande échelle permise par esclavage, métier à tisser industriel qui se développe en Europe. Classe moyenne peuvent s’habiller de manière attrayante, baisse drastique des prix et accessibilité des modèles. Mise en forme selon principes du taylorisme dès le XVIII e siècle. XXe siècle : à partir de la Seconde Guerre Mondiale, acrylique, polyestère, boom de l’industrie pétrochimie, baisse drastiquement encore le coût des vêtements. 1970 : délocalisation progressive des usines dans des pays où la main d’oeuvre est moins cher et plus en nombre. Chine salaire moyen 350€ mois, Ethiopie 26€ mois. Publicité prend part de + en + importante.
Nombre d’emplois restent en jeu si rupture de la production mondiale. Mode reste un objet complexe qui n’engage pas qu’une fonctionnalité stricte (se couvrir du froid). Un vêtement est un objet complexe qui recoupe des besoins d’identifications, de distinction, des fonctions sociales. Il faut interroger notre désir de vêtement, notre volonté de renouvellement. Appel de créateurs à une slow fashoin : sourcing et qualité des matériaux, relocalisation des filières et une supression autant que faire ce peut des intermédiaires, conditions de travail (salaire, etc.) et formes proposées pour réflechir au temps de vie d’un objet.
Rebecca Earley : designer et chercheuse textile, design circulaire, chemise qui dure 50 ans, super slow fashoin. Chemise progressivement recyclé pour être doublure de vêtement (= V.W. tissu non-utilisé, réintroduit dans collections suivantes). “Une chemise de service” devient bijou textile avant qu’il ne soit recyclé chimiquement en nouvelle fibre. Idée d’une trajectoire du vêtement. Objet qui reste le plus longtemps possible, comme jusqu’au XIXe siècle, “usé jusqu’à la corde” (XIXe on transmettait encore dans la grande bourgeoisie les vêtements par héritage). Démarche de R.E. qui reste au statut de prototype, suppose de sortir d’une production linéaire et sous-entend des nouveaux réseaux et principes, services de production.
Jesse Marsh, réseau TCBL : système de production alternatif, à l’encontre du modèle industriel développé au XIXe siècle, nouveau système recombinaison du système commercial, rapprocher fabrication textile et modèle au sein d’un même territoire en Europe. 170k entreprises en Europe qui peuvent produire du textile. Travail porte sur réinvention de circuits plus courts et restreints et plus vertueux à tous niveaux (stockage, matières…). Re-cartographie d’un système de production.
Peut-on réinventer notre rapport au vêtement ? Et éduquer via le vêtement selon l’univers qu’il provoque ? Objet du vêtement lui-même et sur son système formel, de signes. V.W. : quête de beauté, d’art et de culture, est en essence révolutionnaire.
1863, le peintre de la vie moderne, Baudelaire. Aller au-delà de la stricte nécessité fonctionnel du vêtements. 2 citations : “Le mal se fait sans effort naturellement sans fatalité. Le bien se fait toujours… Regarder la parure comme une noblesse primitive de l’âme humaine” / “Le beau est fait d’un élément éternel, invariable, et relatif, circonstentiel, époque, mode, moral, passion. Sans 2nd élément, le 1er serait indigestible, non-approprié à la nature humaine…”
Objet vêtement au-delà de la necessité. Études de cas : Seconde peau, enveloppe, protéger du froid, intempéries, de l’extérieur. Exemple Issey Miyake, Pleats Pleaze (?). (Apparition années 70, M. Tatcher, V.W moderne dans sa démarche). I.M. travaille toute sa vie à la production d’enveloppes protectrices. Irving Penn photographies, met en avant cette nature protectrice. Plissé polyester permanent, années 90 dvlpment. I.M. subit affre WWII, mère morte suite à lésions irradiations bombe Hiroshima. I.M. passionné technologie, étude architecture. Peau brûlée qui entraîne mort, fondement de son inspiration. Hussein Chalayen : le vêtement est garant de pudeur, il protège de l’autre. Exemple collection p/e 1998, Between. Camoufle la nudité. D’une civiisation à une autre, les libertés peuvent varier grandement. Final défilé, fracassant : du hijab au nu. H.C. chypriote : Chypre tirraillé entre présence britannique et influences grecques et turques. H.C. étudie également architecture puis Saint Martin’s de Londres. Défilés, fashoin weeks, semaines et communication très importante, à considérer de façon aussi important que la création textile elle-même. H.C. développe des performances dans ses défilés : pour démontrer une idée qui fait état du travail de mode, de l’idée de la collection. Between : corps féminin appréhendé comme tabou par les religions monotéistes. Yasmak et chador, tubes de mailles, qui s’étend du visage au corps et qui entravent progressivement le corps des mannequins. Collection abondamment commentée, toujours aujourd’hui. Reste collection : vestiaire minimal issu du sportwear à la mode fin 90, vocabulaire volumique simple et efficace, occidental mais travaillé par endroit pas des découpes et incises, situées dans des endroits non-standards, étonnants. Question de l’érotique, du rapport du regard au corps. Et en opposition des pièces qui contraignent, notamment le visage.
Vêtement : esthétique, symbole. Signale appartenance à un groupe défini au sein d’une société donnée, illustre un corps social, un statut. Affirmation du soi, expression d’une subjectivité à l’intérieur d’un groupe social donné. Opérateur de séduction.
Sur le faire de la mode : usage du vêtement multiples (statut, pudeur, protection, affirmation, séduction). Objet complexe au même titre que ses modes de fabrication. Madeleine Vionnet, robe en crêpe de soie 1925, qui appartient à la grande couture (chaque plie cousu, n’excède par 0,5cm, fait main 1 à 1…), tradition d’un haut artisanat. Martin Margiela, collection artisanale 2001, tout contre la fast fashoin, vêtement qui montre de façon provocante le recyclage d’un dêchet (porcelaine brisée), rénnobli par préciosité artisanale du geste, maillage qui donne sa sophistication au fil de fer utilisé, qui rattache les rebus de façon précise pour former un plastron. Vêtement manifeste : car on peut douter de son confort. Ne souligne pas un luxe au sens traditionnel du terme : port surement désagréable, matières pauvres. Questionne l’idée du goût et de la distinction sociale en mettant en valant le processus de faire. Dénonce le fait que le vêtement artisanal soit devenu marginal ajd. Andrea Crews (Palais de Tokyo, 2002) : fin années 90, début 2000, au moment où Zara & co sont en train d’exploser mondialement, propose des happenings où elle collabore avec Emmaüs et récupère des vêtements usagés en grand nombre. Va réutiliser des vêtements déjà là, upcycling, très tôt pour l’époque, en France. Dimension pédagogique, organise des ateliers collaboratifs, avec des personnes de ses ateliers et amis designers. Palais de Tokyo (Nicolas Bourriaud, N. Sens (?)) : accueilli par montagnes de vêtements juxtaposé à un atelier de travail. Visiteur expérience : choix de quelques vêtements dans montage puis passage par atelier qui produit une synthèse des vêtements choisis. Sortie de la production standardisée du vêtement. Rentrer en dialogue avec soi même pour reconstruire un vêtement à partir de ce qui est déjà, remise au goût du jour du sur-mesure. Porter une réflexion sur le système de production tel qu’il était en train de gonfler.
Sur la fonction sémantique et esthétique du vêtement : Issey Miyake : Pleats Please, robe Yasamusa, 1996. I.M. parmi les plus modernes des designers de mode, seul designer présent dans les ouvrages sur le design traditionnel à l’époque. Fonctionne par invention technique et dépôt de brevet. Chaque collection est portée par une technique. Pleats Please, plissé permanent 100% pétrole, mais utilisation choisie car I.M. ne pense pas ses formes et vêtements comme jetable. Formes universelles. Collaboration avec artiste Yasamusa, parle de temporalités et de 2 cultures (occidentale au sens large et japonaise). Pleats Please, 4 ans de recherche et conception. Pan de vêtements 2 fois plus grands cousus, puis mis dans une presse à chaud, horizontal, vertical ou zig zag pour créer plissé permanent. William Forsythe, From the Loss of Small Detail, 1991 (chorégraphe), origine demande vêtement léger, lavable, séchable dans conditions optimums pour ses danseurs. Universalité : 1 tube pour le corps, 2 tubes pour les bras. Pli : réserve d’espace contenu par le vêtement, plissé polyester permet de déployer le vêtement sur 2 fois son volume. Robe Yasamusa, confortable, couvre entièrement, pas nécessairement genré, artiste intervient et propose relecture tableau Ingres (néoclassique, romantique), propose un nu idéalisé, un corps qui n’existe pas, qui pare une robe qui couvre, juxtaposé à des jambres recouvertes d’une maille rouge, comme un jumeau maléfique, les main en prière pour révérer nu idéalisé. Yasamusa travaille à partir de recomposition de son propre corps sur patrimoine occidental peintures romantiques et orientalistes. Assemblage de corps composé d’autres corps, fondement de beaucoup de mode, XIXe siècle, crinolines cages, tournures, faux-culs, qui transforment les silhouettes, rajoutent, greffent, extensient… Robe I.M. et Yasamusa : contraire sur la robe entre vêtement, espace pour le corps confort, et motif.
Vivienne Westwood / 1. T-shirt “I am not a terrorist, don’t arrest me please”, dénonce lois qui permettent d’enfermer sur simple soupçon terrorisme. T-shirt et motifs : constante dans mode V.W. V.W démarre en collaboration avec Malcom Mac Laren, 430 Kingsroad, dans première boutique. Initie une première collection (chaque collection perdure, elles se chevauchent). Version modeste de la maison de haute couture. Sub cultures, cultures sousterraines, sexualités fétichistes, marquer une opposition au pouvoir, aux normes d’une classe moyenne avalée par le capitalisme de M.Tatcher. Mettre en valeur la pauvreté qui va toucher la jeunesse, classe moyenne et prolétaire. Vestiaire commun, usuel, du work wear, du sportswear, trous, accrocs, rafistolages, tout ce qui est stygmate du vêtement pauvre, sont mêlés pour aboutir à Let It Rock, esthétique punk. Manières de faire artisanales, teint tout elle-même, coût, etc. V.Westwood née fin WWII, connait restrictions après guerre et comme beaucoup de femmes et filles de l’époque à appris les rudiments de la couture, ne fait pas des études de mode mais d’institutrice, une autodidacte. Travaille de manière artisanale, réutilise vêtement, re-source, fabrique des pochoirs, teint, coût, etc. Sub culture des Teddy boys, (années 50, 60, musique rock n roll, inspiration époque dandy edouardienne). Joue avec avec chaîne, pics de métal, os de poulet… Jeu avec les stygmates de la précarité. Puis 2nd collection de la boutique, 1973-1974, Too Fast to Live Too Young to Die Puis SEX, 1974-1976, référence façade boutique au sculpteur Classe Oldenbourg. Tenues en latex pour le bureau, t-shirts pornographiques, déchirures, coutures visibles, mousseline de soie et crêpes georgettes lavés et froissés, bords déchiquetés… Puis Seditionnaries, 1976-1980, t-shirt motifs sérigraphiés, détournement d’illustrations / photos connues. Exemple portrait Reine d’Angleterre, Elizabeth II. Habille le premier grand groupe punk londonien, Sex Pistols. Culture anarchique déviée du mouvement hippie USA. Travai encore autour univers bikers, beau travail sur la maille détendu, le corsage dénoué. Puis pièces ambitieuses qui détournent le motif tartan, et formes vêtements français, et vêtements militaires, arachements corsages fétichistes. Tartant : étoffe de laine carreaux de couleurs, lignes horizontales et verticales, laine fil teint dans la masse ou comme chez V.W motif imprimé, motif remontant aux Celtes (traditionnellement plus on monte dans l’échelle sociale plus le nombre de couleurs des lignes augmentent). Motif connoté socialement. Veste taillé dans tissu éponge (recyclage serviettes de bain). World’s end : une des dernières grande manifestation punk de la boutique. Fait ensuite défiler ses collections, s’exporte en dehors de la boutique. PUNKATURE p/e 1983 + DIY p/e 2009 = faire contre société, critique forte du capitalisme. Taille des vêtements dans techniques de coupe de sa propre invention, qu’elle perfectionne à partir de ses recherches autour du costume et de la mode (iniitiation dans des musées et archives). Coupes simples souvent plates, carrés, asymétriques, générent peu de chutes. Laisse du volume mais arrive aussi à travailler un art du tailleur. PUNKATURE : chaussures, inspiration favelas brésiliennes, tressages caoutchouc pneus de voiture. Boutons en couvercles de casseroles. Reprise et détournement de la toile de jouis. Éclectisme d’histoires et de cultures, rencontres de matériaux ou formes provocantes, asymétrie. DIY : simplicité des formes mais opulences textiles.
2/ Manier les temporalités pour rêver l’avenir : la part utopique Maniement des temporalités : idée qu’il faille se débarasser du passé, dogme abscont, c’est comme dire à un historien de ne pas faire d’histoire. Premier défilé officiel PIRATE, V.W. copie les coupes anciennes et les réadapte. Étudie au Albert museum, catalogues et archives de costumes. Inspiration pièce matelassée et cintrée, pièce emblématique “pourpoint”, se déploie entre XIIIe et XIVe siècle. Taillé pour être mis sous une cuirasse de métal. Vêtement hautement masculin lié à l’histoire guerrière, signe virilité. Bascule au XIII et XVIe s. pour la cour aristocratique. Premier vêtement européen près du corps (de façon exagérée), jusqu’au XIIIe siecle vêtement très large qu’on met par dessus, superpositions de tuniques et manteaux dans lesquels on se drappe. Apparition du pourpoint : trouble et choque à l’époque parce qu’il dévoile et encercle la taille. Emmanchure en assiette qui donne une grande souplesse de mouvement. Forme réutilisée tout au long de ses collections. Transfert de genre de ce vêtement historique sur les femmes. “Toute mode vient du passé. elle est une traduction du passé vers le présent, c’est-à-dire d’une projection dans un monde où un avenir qui est possible.” / “Quand vous explorez le passé, vous entrez dans le futur. Je pense que les créateurs créés toujours des vêtements dans un monde virtuel, un autre monde meilleur.”
Michel Foucault, le corps utopiques / les hétérotopies Le corps utopique se scinde en 2 mouvements. Premier mouvement de plainte judéo-chrétienne, on se plaint du corps, qui peut être malade et vieillit, qui fait que je vais mourir. Les utopies auraient été créées pour nier ce corps qui nous empêchent. Thème de la vie après la mort, religion qui aménage cette question du corps qui se transforme en âme, libérée des contraintes charnelles. Puis basculement M.F. : oui mais le corps est mystérieux, nous n’avons pas accès à l’intérieur de notre propre corps et ne serait ce que notre nuque, notre dos. Nous n’arrivons pas à l’appréhender dans sa totalité. Retournement de la plainte judéo-chrétienne, ce n’est pas que le corps soit un lieu absolu, trop présent mais du fait que notre corps nous échappe en permanence. Le corps utopique c’est notre corps projeté sur la scène sociale, hors de lui-même et traversé par des désirs. Notre corps nous échappe en permanence. M.F. revient sur le vêtement, la parure, le maquillage, le tatouage : ce n’est pas pour être plus beau et plus joli, la mode et la parure ce sont des véhicules qui transportent notre corps sur d’autres scènes, que l’on veuille séduire l’autre ou apparaître sur la scène sociale. Les hétérotopies : des lieux de contre-champ de la société où sont instaurées d’autres règles, mais vitales au fonctionnement du reste de la société “conventionelle”. Espace autre que Foucault maintient au regard de l’utopie, plusieurs exemples dont le bateau corsaire, 1981, V.W. fait défiler les pirates, quand bien même elle utilise une voix historique, elle est toujours tournée vers une contre société. Piraterie : fonctionne parfois sous un régime quasi démocratique (élection, partage homogène butin), femmes pirates iconiques, piraterie comme contre-société émancipatrice.
Part utopique, contre-société, incarnée par V.W. de formes inspirés du XVIIIe siècle. Du pirate à la mode de la rue, autour de vêtements trop ajustés ou trop grands.
Collection PAGAN et VIVE LA COCOTTE, détournement du corset, de la crinoline, du faux-cul, qui servaient initialement à contraindre le corps. Bien avant les corsets de Gautier. Mélanges temporels avec une sexualité très affirmée. Collection CUT AND SLASH, p/e 1991. Reprise principe vêtement médiéval du dessus entaillé ou avec ouvertures crevées, entailles, système de bandes, qui laisse voir le vêtement du dessous d’un blanc immaculé, signe d’une haute posture sociale, on ne salit pas, et on peut se permettre de l’abimer. V.W la déplace dans le sport swear et notamment le jean, emblême ouvrier moderne. Reprise des volants du XVIIIe s. Braguette médieval, coque textile dessous la cuirasse au Moyen Âge. VIVE LA COCOTTE a/h 95-96, collection emblématique, préférée de V.W., cocotte femmes entretenues, direction de salons et femmes de culture XVIIIe s. On retrouve dans cette collection tous les codes développés par V.W. Vraie critique de la fast fashoin insipide en cours de développement. Cocotte figure inspirante, femme qui s’émancipe, notamment maitresse de Louis XV, mêle références XV et XVIe siècles, tayloring anglais, vestes Dior d’après guerre, cacophonie historique de V.W fond dans un ensemble de tenues. Libre association. Art du flou pour les robes avec la soie et le tayloring. Atelier de flou (superposition, volume du vêtement) vs atelier de tailleur (mesures du corps et découpe par réassemblage), V.W. opère des aller-retour entre ces deux grands types d’atelier de couture.
Eclectisme culturel et temporel, renverse statut, genre et pouvoir. Piller le monde de son histoire pour interroger normes du présent. Formes et signes de puissance circulent. Travail du jeu déchelle, disproportion et proportion = vrai marqueur des sub cultures. Se récapparer les signes vestimentaires qui sous-entendent l’oppulence. Exemple culture zoot (ségrégationnisme années 40 USA) costumes amples, chapeaux larges bords, l’amplitude trop serrée trop large signifie la non praticité du vêtement, anti utility wear, se réapproprier l’oisiveté le non-utile face à la discriminant. “C’est sexuel parce que nous regardons les gens sous un regard neuf.” V.W. Collection UNISEXE, a/h 2015-16 : finir par devenir nu, le travestisme. Pour Westwood : affirmer présence physique et sexuelle de celui qui porte.
Se servir de la mode comme étandard politique : “moyen d’exprimer ma résistance et être rebélion”, politiser des les années 70, critiquer l’establishment. Années 80 : part en croisade pour la culture, critique de la “tyrannie de la majorité”. Lutte contre les conventions vestimentaires se supperpose à une lutte conventions sociales, accélérée dans les années 2000, de son amour des t-shirts à slogans à ses dernières collections qui détournent les codes historiques. Cérémonie de clôture des paralympiques de 2012 (avec son partenaire et fils), V.W. apparaît avec traine de 7 mètres de satin duchesse à l’intérieur duquel elle inscrit clandestinement le slogan “climate revolution”. À partir années 2000 : affirme justice sociale et enjeux environnementaux dans ses collections. Active resistance to propaganda : manifeste qu’elle publie, avec personnages Pinnochio et Alice aux pays des merveilles. S’engage dans des associations, initie des partenariats, soutien statut réfugié climatique par ex, soutien à un ressoritssant amérindien emprisonné Léonard Peltier, réalise une performance médiatique “Leonard Peltier is innocent”, 2007, I AM EXPENSIV, motif du zizi volant antique (signe d’émancipation). Défense lanceurs d’alerte, Lassange notamment, décret 2005 terrosime tshirt i’m not a terrorist.
Charte de conception / engagement : voir site de l’entreprise, qui n’a pas rejoint un grand groupe de luxe. 2003 “si je pouvais revivre ma vie je serai une éco guerrière”. Acheter mieux acheter moins. Acheter un vêtement coûtant. Collection I AM EXPENSIV : rappel qu’un vêtement c’est cher vu sa chaîne de production, la fast fashoin et anormale. Travail juste et bien rémunéré des ateliers. Anti-gaspillage. Coton biologique. Métaux recyclé pour les bijoux. Matériaux synthétiques à minima (10% max), et recyclé, dans des vêtements les moins susceptibles d’être lavés. Recyclage entre les collections. Travail à partir des dead stocks, à l’origine de la plupart des collections. Émission carbone, production traditionnelle de petite échelle pour réduire l’impact. Dès 1980, favorise artisanat et savoir-faire (tartant, tweed fabriqués en Grande Bretagne). Chaîne d’approvisionnement transparente, traçabilité.
Conclusion : étudiante Duperré, Jeanne Friot, no gender, no carbon, no hate. Costume du chevalier JO. Référence t-shirt slogon, tartan, vocabulaire Westwood, mouvement bagarre, défense des transgenres. Émission de France culture, podcast Sous le soleil de Platon, invitée. Deadstocke, upcycling systématique vêtements vintage, fibres responsables, made in France, fonctionnement entièrement sur commande, pas de perte. Approche holistique.